LE CHŒUR
éperdu en cantiques d'allégresse, au son de l'orgue et des cloches.
Natum videte, regem Angelorum ;
Deum infantem, pannis involutum !
Venite, adoremus Dominum !
Sœur Laudation frappe de sa coirre avec violence: les cantiques cessent tout-à-coup; les grandes draperies de serge s'écartent, laissant voir l'église déserte, et, sous les lueurs des lampes-pensiles, entre les piliers, les chaises, les bancs, le portail
fermé. Au fond, dans la tribune illuminée des orgues, les Sœurs-cantatrices, interdites, maintenant silencieuses.
l'abbesse
criant, hors d'elle-même.
Taisez-vous ! Taisez-vous !
Les cloches, l'orgue et les chants ont cessé.
l'archidiacrf avec un effrayant soupir.
Enfin !
l'abbesse
étendant sa croix, avec un geste d'horreur, vers la porte des stalles.
Fuyez! fuyez toutes, mes filles! Retirez-vous chacune en votre cellule, et là, prosternées en oraisons ferventes, implorez la clémence de Dieu! Vous n'entendrez point la messe, cette nuit. — Sœur Calixte, qu'avons-nous dans le trésor?
SŒUR CALIXTE balbutiant, après un silence.
Trois cent vingt-trois pièces d'or, douze écus, plus douze sols de la quête d'aujourd'hui.
l'abbesse Vous distribuerez tout cela demain aux pauvTes.
La porte des cloîtres s'ouvre: les nonnes s'enfuient et disparaissent comme des ombres.
Les sœurs de la maîtrise ont déjà quitté leurs bancs étages autour des orgues: — à présent, deux ou trois formes noires, des postulantes sans doute, vont et viennent dans les tribunes abandonnées: elles éteignent les cierges et ferment les antiphonaires. Bientôt, l'obscurité faite, elles se retirent aussi. Toutes, maintenant, sont descendues dans le monastère.