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Chactas s'étonne, quelque part, des complexités qu'il remarque dans le caractère d*Atala :
L'abandon de sa tendresse et la chasteté de ses mœurs, la fierté de son caractère et sa profonde sensibilitéy Télévation de son âme dans les grandes choses, sa susceptibilité dans les petites; tout en faisoit pour moi un être incompréhensible ^
Incompréhensible, en quoi donc?
Des deux amants de Bungay, s'il y en avait un qui devait sembler incompréhensible à l'autre, ce n'était assurément pas Âtala, mais Chactas. C'était lui qui, « avec les perpétuelles contradictions » auxquelles il se trouvait en proie, était fait pour déconcerter la « jeune Indienne » d'Angleterre, et c'était celle-ci qui aurait été en droit de dire de son étrange adorateur :
Ce qui m'cffrayoit surtout étoit je ne sais quel secret, je ne sais quelle pensée cachée au fond de son âme, que j'entre voyois dans ses yeux. Toujours m'attirant et me repoussant, ranimant et détruisant mes espérances^ quand je croyois avoir fait un peu de chemin dans son cœur, je me retrouvois au même but*.