Essai, t. I, p. 5, note
54 AU PAYS d'exil de ghaheaubrtand
avertir, ne fût-ce qu'en passant, que, par « B. S. », il convient d'entendre Bence Sparrow*. Il est vrai que, dans les Mémoires^ les initiales mêmes sont biffées. L' « homme d'autant d'esprit que d'humanité » n'est plus que « le parson ou ministre de Beccles )> : il est plongé dans l'anonymat définitif. Pourquoi? Qu'est-ce donc qui avait pu modifier à ce point, chez l'auteur des J/^mo^>6^, les sentiments de l'auteur de V Essai ? Ceci nous amène à rechercher quelles furent les relations ultérieures de l'ancien émigré avec son bienfaiteur de jadis. Et voici, quant à moi, ce que j'en ai pu découvrir.
' 1. Les initiales B. S. reyieDuent dans un autre passage de YEssai (t. I, p. 271), où Chateaubriand, après avoir tracé un portrait de Miltiade, le fait suivre de ce renvoi : « Voyez les di£Përentes têtes de Miltiade en gemme. J'ai dessiné celle dont je me sers d'après une excellente collection d^estampes antiques, gravées à Rome en 1666 sur les originaux, et que le Rév. B. S. a bien voulu me communiquer ». Dans la réédition de 1826, Chateaubriand annote ainsi cette note ; « Portrait à la manière d'une mauvaise école. Je me montre plus rigoureux ici que les Athéniens, car, à la seule inspection des traits d'un grand homme, plus ou moins bien reproduits par la gravure, je déclare Miltiade un peu enclin à la tyrannie. Cela prouve que j'aurais fait pendre les tyrans sur la mine ». Mais, sur « le Rév. B. S. », même absence d'éclaircissement.
Les goûts d'art de Bence Sparrow étaient bien connus des artistes de la région : la collection Wilton Rix contient des gravures, principalement des vues de Beccles, qui lui sont dédiées. N'oublions pas, à ce propos, que la Lettre de Chateaubriand sur Vart du dessin dans les paysages fut, d'après la date qu'il lui attribue, composée pendant son séjour à Beccles, comme nous aurons occasion de le rappeler plus loin.