‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 35 sur 138 · Il avait été fellow de Caius Collège, à Cambridge · texte numérisé non relu

Il avait été fellow de Caius Collège, à Cambridge

2. Elle parut à Norwich, en 1810, avec ane dédicace « aa Révérend Bence Bence », un des trois patrons de Fauteur.

3. « J'avais... alors la rage du grec » {Mém, d'O,-!',^ t. I, p. 196).

72 AU PATS d'exil de chateaubriand

(( M. de Combourg » à son nom véritable « qu'aucun Anglais ne pouvait prononcer » ^ Mais, sitôt que ce dernier nom fut connu de ses élèves, leur malice s'empressa d'en tirer parti : ils furent tout heureux de découvrir que « Chateaubriand », dans leur langue, donnait quelque chose d'analogue à Shatterbrairij — « cerveau fêlé », — si bien que le french teacher fut définitivement baptisé du sobriquet de « Monsieur Shatterhrain », comme qui dirait : « Monsieur de la tète à l'envers ». Et, ma foi, vous eussiez pu tomber plus mal, ô jeunes espiègles de la Brigthley's et de la Fauconberge School ! Car il avait sa fêlure, certes, — une merveilleuse fêlure dont, par bonheur, il ne devait jamais guérir, — ce Shatterhrain à Tesprit absent, qui, tout en corrigeant vos tâches informes, écoutait déjà frémir en lui, avec Xe^Natchez^ avec Atata, avec Renét la musique peut-être la plus enivrante où les songes des hommes se soient bercés.

Un calembour de collégiens, voilà ce que la tradition locale a surtout retenu de la carrière de Chateaubriand, professeur de français. 11 est vrai qu'il eût souhaité, quant à lui, d'abolir jusqu'à la mémoire de ses brèves expériences pédagogiques. Et ce n'est pas sa faute si elles sont, pour ainsi dire, spontanément remontées au jour, à travers l'ombre qu'il avait épaissie autour d'elles, du fond de l'oubli où il croyait les avoir scellées. Lui furent-elles donc si douloureuses qu'il eût voulu les effacer de

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