‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 40 sur 138 · Expéditions d'enseignement · texte numérisé non relu

Expéditions d'enseignement

82 AU PATS d'exil de GHATEAUBfaAND

de celles que nos voisins d'Outre -Manche attribuent le plus communément aux étrangers encore novices dans leur langue. Chateaubriand est peutêtre le millionième à qui on la prête. Wilton Rix veut cependant qu'il ait été coutumier de ce quiproquo, et il en cite comme preuve le solécisme : « The gentleman who shall delwer » — (au lieu de mil deliver), — contenu dans la lettre au docteur Davey dont nous avons publié le texte. Quoi qu'il en soit, il reste de l'aventure elle-même que le jeune professeur de français n'était pas un écuyer de premier ordre. Il sera bon de nous en souvenir, quand nous le suivrons à Bungay.

Si les promenades qu'il entreprenait de la sorte, pour gagner sa vie, la mettaient parfois en péril, il en retirait, à d'autres égards, un fruit singulièrement salutaire. Je ne parle pas des prévenances dont il était Tobjet dans les familles de ses élèves. Il ne les acceptait qu'avec une réserve ombrageuse^ toujours sur le qui-vive, persuadé qu' « on se familiarise aisément avec le malheureux » et que celuici « se trouve sans cesse dans la dure nécessité de se rappeler sa dignité d'homme, s'il ne veut que les autres l'oublient » *. Puis, en plus d'une circonstance, il eut certainement à souffrir, non seulement dans sa sauvagerie native, encore exaspérée par le chagrin, mais aussi dans son inquiète susceptibilité de proscrit. Il est clair, par exemple,

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