‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 57 sur 138 · T. II, p · texte numérisé non relu

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AU PAYS d'exil de CHATEAUBRIAND 127

détesteroient un ministre distant, qu'ils n'aperceyroient qu'un moment chaque dimanche : ils demandent un curé populaire, qu'ils puissent adorer et couvrir d'injures ». Or, rien de moins « populaire » que le ministre anglais :

Le ministre anglois, riche et homme du monde, ne se rapproche pas assez du peuple; à peine ses paroissiens le connoissent-ils. L*abus de non-résidence est aussi au grand détriment de la religion : un ministre va desservir en hâte deux ou trois églises le dimanche dans la campagne, ensuite se retire dans la ville voisine, où il disparoit pour huit jours ^.

C'est là une peinture généralisée, mais dont nous pouvons affirmer sans crainte que le Révérend John Ives a fourni les principaux traits, encore qu'il n'eût à desservir que la paroisse d'Ilketshall. 11 semble même qu'il ait été pendant une grande partie de sa carrière ministre sans paroisse, bornant toute son activité sacerdotale à suppléer de temps à autre ses confrères de la région. Dans les registres de Bungay, où sa signature revient assez souvent, il est simplement qualifié clerk^. Ce fut seulement en 1794, juste Tannée où Chateaubriand arrivait en Sufifolk, qu'il fut pourvu du vicariat de S* Margaret. « Vous savez, sans doute, dans quelles conditions la chronique veut que M. Ives ait été gratifié de cette prébende par

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