L'année d'un fermier », L'ouvrage a paru en
AU PAYS d'exil de CHATEAUBRIAND 120
— Il se peut.
— Eh bien ! mon Révérend, au premier de nous deux qui couchera l'autre sous la table.
— Je suis aux ordres de Votre Grâce.
Rendez-vous fut pris sur-le-champ, probablement à Tauberge des Trois Tonnes. Ce fut un beau tournoi. Des fleuves de porto coulèrent et furent taris. La victoire demeura indécise pendant des heures, mais, à partir de minuit, il devint manifeste qu'elle penchait en faveur de l'Église. Finalement, Sa Grâce glissa de sa chaise, ivre-morte, et John Ives continua seul la conversation avec les bouteilles. Quand le matin parut^ toutes celles qui composaient son lot étaient vides. Il sonna les gens de Thôtel pour ramasser le vaincu, et celuici, en recouvrant ses facultés, put entendre son adversaire, toujours assis à la même place, commander au butler * un bon grog au brandy^ « histoire de se refaire un peu Testomac après tout ce porto ».
— Hot and stiff^ please, hot and stiff, hy Bacchus ■ !
Le duc, émerveillé, se hâta d'offrir à cette forte tête le gouvernement d'une des multiples paroisses dont les titulaires étaient à sa présentation. Et voilà comment John Ives, pasteur in partibus, fut, si l'histoire est authentique^ promu au vicariat de S* Margaret Ilketshall.