CHAPITRE V
Le hasard se fait le complice de Chateaubriand. — Une bienheureuse chute de cheval. — L'émigré est retenu toute une saison sous le toit des Ives. — Fréquentes occasions qu'il a de rester seul avec Charlotte. — Le Chactas et l'Atala de Bungay. — Les promenades à S* Margaret Ilketshall. — Le « village de la mission » et les « bocages de la mort ». — Le secret de Chactas. — L^heure fatale. — Dramatique dénouement de l'idylle.
Il aima la fille de ses hôtes, et, « sans se rendre compte de cette blâmable conduite^ », il succomba fâcheusement à la tentation de s^en faire aimer. Est-il besoin d'ajouter qu'il y eut bientôt réussi ? Naissance, génie, fierté chevaleresque, infortune éclatante et imméritée, il avait toutes les auréoles que pouvait souhaiter à Télu de ses rêves une jeune personne enthousiaste, nourrie dans le culte des chefs-d'œuvre, éprise d'art, de poésie et de beauté.
Il faut dire aussi qu'il rencontra dans le hasard un auxiliaire ou, si Ton veut, un complice. Une chute de cheval qu'il fit à Bungay l'obligea — contrainte bénie ! — de s'emprisonner a quelque temps » dans son logis de Bridge Street^. Si nous ne connaissions que par les Mémoires (VOutre^ Tombe cette chute de cheval si opportune, nous aurions peut-être quelque velléité d'en sourire.