‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 95 sur 138 · Atala, p · texte numérisé non relu

Atala, p

AU PATS d'exil de CHATEAUBRIAND 175

de tromper une Indienne^ ». N'oublions pas qu'elle avait quinze ans^ Tàge de Juliette, — que c'était la première fois qu'elle entendait la chanson de Roméo, et de quel Roméo! Où l'eût-elle rencontré dans son entourage, le jeune homme capable de lui parler avec cette éloquence irrésistible « le langage des blancs »? La conclusion de l'entretien fut apparemment la même à Bungay que sur la savane d'Alachua:

(( — Quoi! m'écriaî-je, vous m'appelez votre jeune amil Ah! si un pauvre esclave... « — Eh bien! ditelle, en se penchant sur moi^ un pauvre esclave... » — - Je repris a^ec ardeur : (( Qu'un seul baiser l'assure de ta foi ! )) — Atala écouta ma prière : comme un faon semble pendre aux fleurs de lianes roses, qu'il saisit de sa langue délicate, dans Tescarpement de la montagne, ainsi je demeurai suspendu aux lèvres de ma bien-aimée*. »

Dorénavant^ pour peupler la solitude de son cœur, Chateaubriand n'était plus dans la nécessité de se créer de chimériques amantes : il était aimé d'un être de chair et d'os. C'est, je pense, ce que signifie la phrase un peu énigmatique des Mémoires^ : « Les songes de ma vie commencèrent à fuir devant la réalité ». René <( essaya )) de même, en s'attachant à Céluta, (( de réaliser ses anciennes chimères^ ». Chez Miss Ives, la jeune fille eut tout

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