Mém. d'O.'T,, t. II, p
2. T. II, p. 126. — Plas loin (p. 284, note 2), il revient sur la même idée : « On ne me persuadera jamais que le repos n'est pas la partie essentielle du bonheur ».
AU PATS d'exil de chateaubriand 177
L'homme, avide de bonheur, et souvent infortuné, lutte sans cesse contre les maux qui le submergent. Comme le matelot qui se noie, il tâche de saisir son voisin heureux, pour se sauver avec lui^
Les Ives furent sans doute les premiers à lui conseiller d'attendre, pour quitter Bungay, que la saison fût devenue plus clémente et qu^ii eût achevé de rétablir ses forces par quelques promenades au grand air. Et, de ces promenades, plus d'une fut concertée avec Charlotte, croyons-en le fidèle témoignage d!Atala.
J'entraînai la fille de SImaghan au pied des coteaux qui formoient des golfes de verdure, en avançant leurs promontoires dans la savane. Tout étoit calme, superbe, solitaire et mélancolique au désert... Notre promenade fut presque muette; je marchois aux côtés d'Atala. Quelquefois nous versions des pleurs; quelquefois nous cherchions un sourire. Un regard tantôt levé vers le ciel, tantôt attaché à la terre ; une oreille attentive au chant de l'oiseau, un geste vers le soleil couchant; une main tendrement serrée, un sein tour à tour palpitant, tour à tour tranquille; les noms de Chactas et d'Âtala doucement répétés par intervalles... Oh I première promenade de Tamour faite avec Atala dans le déserti il faut que votre souvenir soit bien puissant, puisque après tant d'années d'infortune vous remuez encore le cœur du vieux Chactas M