‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 99 sur 138 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

AU PATS D*£XIL DE CHATEAUBRIAND 179

démonstrations fort peu indiennes par lesquelles les sauvages accueillent <( leur vieux pasteur* ». Ils abandonnent leurs travaux, ils accourent audevant de lui. Les uns baisent respectueusement sa robe^ les autres aident ses pas chancelants; les mères élèvent leurs petits enfants dans leurs bras, pour leur faire voir Thomme de Jésus-Christ.

II s'informoit en marchant de ce qui se passoit au village : il donnoit un conseil à celui-ci, réprimandoit doucement celui-là ; il parloit des moissons à recueillir, des enfants à instruire, des peines à consoler, et il mèloit Dieu à tous ses discours ^.

Les dimanches d'Ilketshall ne ressemblèrent évidemment pas de tous points à ce tableau embelliy poétisé, catholicisé; il n'en ont pas moins fourni la première idée, et il y a quelque chose d'assez piquant à constater que c'est i'ex-missionnaire protestant John Ives, le a vieux pasteur » anglican de S* Margaret, qui a servi de prototype au personnage du Père Aubry. Pendant qu'il vaquait à son ministère, baptisait les nouveau-nés, bénissait les unions, récitait les prières pour les morts qui avaient été enterrés sans lui dans la semaine, les jeunes amoureux avaient tout loisir d'errer ensemble sous les grands vieux arbres du cimetière ou dans le jardin du vicariat. Tout y favorisait leurs confidences, leurs tendresses, « et le secret des bois, et Tabsence des hommes, et la fidélité des

Page 1