‹ Aya Sofia, ConstantinopleChapitre 2 sur 11 · ENTRÉE PRINCIPALE DE LA MOSQUÉE · texte numérisé non relu

ENTRÉE PRINCIPALE DE LA MOSQUÉE

(Lettres q et a du plan.)

C'est par la cour du Chadirvan, autrement dit la Cour de la Fontaine des Ablutions, qu'on arrive ordinairement pour visiter la Mosquée de Ste. Sophie. A droite de cette entrée on aperçoit le champ des morts, où se trouvent les tombeaux que représente la Planche 19. La porte sous laquelle on passe est en bronze, et provient évidemment d’un temple de la meilleure époque grecque. Sur cette porte, les monogrames de Théodora et Michel sont incrustés en argent. A la voûte de la porte qui fait face à celle-ci et conduit au porche de la Basilique, on a retrouvé en restaurant la Mosquée les portraits en mosaïque des Empereurs Constantin et Justinien, ses fondateurs. Une simple couche de peinture, facile à enlever et reproduisant

l’ornementation générale des mosaïques, cache maintenant ces portraits de Giaour aux yeux sévères des fidèles

Croyans.

NARTEX, OÙ PORCHE.

(Lettre b du plan.)

Ce porche, long de 60 mètres et large de 10, a sur son côté droit neuf portes, par lesquelles on entre dans la Mosquée, et cinq du côté, gauche s’ouvrant sur le vestibule, où Atrium, qui est devenu aujourd’hui la Cour du Médressé. Le Médressé est le collège où les Softas, étudians du Koran, sont logés. La Planche 16 reproduit la façade de ce bâtiment. Les murailles du Nartex sont plaquées de marbre précieux, et la voûte enrichie d'ornemens en mosaïque sur fond d’or. En enlevant l’épais badigeon qui recouvrait toutes les parties supérieures, on a retrouvé au-dessus de la grande porte du milieu, un tableau, représentant l'Empereur Con-

Stantm IV., surnommé Pogonatus, prosterné devant le Christ, que la Vierge et l'ange Gabriel accompagnent.

VUE GÉNÉRALE DE LA GRANDE NEF, EN REGARDANT L'ORIENT. (Lettre C du plan.)

En sortant du Nartex par la grande porte du milieu, on a devant soi, et dans toute son étendue, la nef magnifique de Ste. Sophie. On reste ébloui devant tant de grandeur, et je ne connais pas de monument au monde dont les proportions soient aussi vastes, et aussi majestueuses. C’est bien là, la demeure de la Divinité.

Cette nef est entourée par le Gynécée, ou galerie des femmes. 107 colonnes, dont 8 sont en porphyre égyptien, et le reste en verd antique, soutiennent ces galeries semi-circulaires. Les grands piliers sur lesquels s’appuie principalement la coupole immense, sont revêtus des marbres les plus précieux; et sous les tapis et les nattes qui recouvrent entièrement le pavé, on trouve de même un dallage de pierres rares.

Afin que le Mhirab, niche sainte, qui remplace l'autel des Chrétiens, soit placé dans la direction de la Mekke, condition absolue dans la construction d’une mosquée, il a fallu disposer les tapis et la chaire, en ligne oblique, ce qui produit sur l'œil du spectateur l'effet le plus singulier : Le vaisseau tout entier semble construit

de travers.

Fe.

A gauche du Mhirab se trouve la nouvelle Tribune impériale, à droïte le Mimber, chaire à prêcher ainsi que les Mañfils, petites tribunes du haut desquelles les Zmams chantent les prières.

Dans les mosaïques des voûtes et des grands arcs, se voient des figures de Prophète, des Docteurs, des Chérubins, et autres images, qui, afin d’obéir au culte Musulman, sont masquées par des étoiles d'argent. De grandes inscriptions turques suspendues aux piliers, représentent les noms des quatre premiers Kalifes et des douze Imams. |

Mais terminons cette trop courte notice par des chiffres importans. La largeur de l’intérieur de l’édifice est de 72 mètres; sa longueur, 81" 5°, prises dans l’œuvre. La coupole est élevée de 55 mètres au-dessus du pavé; son diamètre est de 32m 5. Quarante fenêtres ouvertes dans le pourtour de cette coupole, ajoutent encore à sa légèreté. Pendant les nuits saintes du Ramazan (le carême des Turcs), six mille lampes, suspendues

à diverses hauteurs par d’imperceptibles fils de fer, illuminent ce temple et produisent le plus merveilleux effet.

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