I. IV« série, t
Préface. xxxiij
L'auteur de V Entrée en Espagne s'est nommé et désigné très-clairement. Celui du prologue de Gui de iWinteuil nous paraît aussi s'être nommé, mais c'est chose moins sûre. Voici les vers où nous croyons retrouver son nom :
Ce nos conU Çcnat ch'i furent trente e plus, (Fol. 12 r^)
En ce fcnist Çenatsor ceste pietance^ Ch' entrer restait oimais en novel assectance D'amors e de vertus e de gran provèance, D'onors et de bens et dcgrant conossance,
(Fol. 14 r^).
Ces derniers vers se trouvent précisément à la fin du prologue, et semblent dire que l'auteur de ce prologue va commencer un nouveau récit, qui est la chanson même de Gui de Nanteuil.
Le manuscrit de Venise se termine par ces vers, qui, sauf certaines incorrections provenant seulement du copiste, sont français d'origine et répondent exactement à la dernière tirade du manuscrit de Montpellier.
Celle nuit lo laissirent jusqu'à la maitinée. La pax ont otrièequite etacordèe, A l'amirant dal Coyne cristienté donée E tote sa masnée batiza e lavée.
Davant lo roi de France a safeme esposée. Gui pris Aiglant qui tant j or a amée; Grant noces i ont fet soz Nantoil en la prée. Ses frère baixa Gui, dur' est la desevrée^ Dame Aye d'Avignon ^ist à terre pasmée, E Ganor la redrize qui l'a reconfortée. La masnée Ganor en est as nef alée , // ont drizé lor sigk, si ont lor velle levée. Gui de Nanteuil. c
xxxiv Préface.
E zascuns des barons s'en va en sa contrée ; De cels qai mort i furent e la noise obliée. Charles vint à Paris. La zaizons est finée; Dex vos garische toz qui lavez escoltlc, Par ce qi miels en seit qi la zantêe.
Outre les deux manuscrits de notre poëme qui sont parvenus jusqu'à nous , nous en signalerons trois autres aujourd'hui perdus. M. Barrois indique , au n° 1 74 de sa Bibliothèque protypographique : (c Guiot de Nanteuil rymé^), qui faisait jadis partie de la bibliothèque de la Tour du Louvre. Un texte plus ancien , le testament, daté de la 34^ année du règne du roi Edmond, c'est-àdire de 1306, par lequel Gui de Beauchamp, comte de Warwick, lègue ses livres à l'abbaye de Bordesleydansle comté de Worcester, mentionne (( Dooun de Nauntoille, e le romaunce de Gwyoun de Nauntoyl» (2). Enfin Fauchet, dans son Recueil de Vorigine de la langue et poésie françoise (^) y dit avoir eu entre les mains un manuscrit qui contenoit presque tous les poèmes de la geste de Doon de Mayence , et notamment ceux de Guiot de Nanteuil et de Garnier son fils , dont il intervertit évidemment les noms par inadvertance, comme l'eût fait par ignorance le jongleur des Deux Trovéors ribaus.
I . Il a été publié deux fois en Angleterre, et une troisième depuis, àdi^sV Histoire littéraire de la France^ xix, 623. I. Paris, 1581, p. III.