ÉPILOGUE
ses ancêtres, lant paK la beauté de ses exploits pendant la guerre que par sa munificence, son zèle éclairé pour la religion et la dévotion toute particulière qu'il avait pour la mère de Dieu, ayant fait brûler, peu de jours avant de mourir, un cierge devant son autel. Il était le parrain de haut et puissant seigneur Hugues de Montmaur, fils aîné de très-haut et très-puissant seigneur Aymé de Montmaur, et de très-noble et très-puissante dame Hélène-Marie-Blanche de Sassenage , son épouse , pour le présent page en la cour de Sa Majesté le roi de France, et à qui il a laissé ses vastes et riches possessions du Valgoclemar, à la condition par lui d'écarteler son blason aux anciennes armes de Rochelerpt, qui sont d'azur à l'ours passant d'argent. Nous composons pour lui une épitaphe dans laquelle nous n'oublierons pas de rappeler comment ce respectable gentilhomme se comporta au milieu des événements de 1562, événements dont personne encore n'a perdu la mémoire, et dont nous pourrions dire nous-mêmes comme le pieux Eneas :
Et quorum pars magna fui !
Cette perte nous a été très-sensible, car ledit
$20 AYMK VERD.
seigneur ne dédaignait pas de nous faire l'honneur de s'asseoir quelquefois à notre table frugale et de nous emmener dîner au nouveau château de Montmaur, lequel château, tout neuf et bâti en grosses pierres blanches, avec toutes sortes d'ornements d'un goût moderne, s'élève hors de la vue de Tancien manoir, dans la vallée de Pécomtal. Voilà bien des amis que nous perdons en peu d'années, car nous avons vu mourir successivement notre bienaimé père, Jean Gouttenoire, en son vivant consul de la ville de Romans; dameGudule, notre mère nourrice; notre ami et ancien compagnon Jacques Sauzéas, de Saint-Etienne en Forez, que nous avons eu la joie de ramener au bercail, après quelques discussions approfondies sur les matières les plus ardues de la théologie; enfin notre digne oncle, maître Euslache Bénévent, qui est parti le premier de tous ; et dame Monique, notre gouvernante, que nous regrettons chaque jour davantage à mesure que nous avançons dans cette vie pénible.
Heu 1 heu ! fugaces, Posthume, Posthume, Labuntur anni (4).
(\) Hélasl Posiliume, Posthume, les années s'envolent avec rapidité/