‹ Aymé VerdChapitre 6 sur 32 · II · texte numérisé non relu

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les vitres. Vous perdrez cent pour cent au change. Si vous continuez sur ce ton, nos bons amis et alliés se fâcheront et ne voudront plus de vous pour la guerre.

— Tant mieux! repartit le joueur. Nous avions fait un marché de dupes. A quoi bon , s'il vous pkit, notis mettre un collier au cou et nous attacher à quelqu'un ?

— Si le collier est d'or, le profit est tout clair , repartit le changeur. Il faudra bien, d'ailleurs, que vous preniez un parti pendant la guerre.

•A— Sans doute ! dit le joueur, nous prendrons le notre. Celui qui, à l'hombre, voit les deux jeux, gagne toujours.

— Mais les conventions ! reprit le changeur avec une délicatesse qui n'était pas dans ses habitudes; les conventions !

— Mille tonnerres! dit un vieil aventurier, tous les juges, tous les prévôts, tous les baillis, tous les sénéchaux, tous les châtelains, tous les sergents , tous les- recors , tous les archers , toutes les gardes bourgeoises et non bourgeoises du royaume , n'ont pu nous empêcher de faire nos quatre volontés, et une poignée d'hérétiques se mettrait en tele de le faire ! Ventrebleu ! cela ne

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sera pas ainsi. A bas les huguenots ! à bas les parpaillots ! Nous sommes tous ici de bons catholiques et nous "Voulons nous amuser.

— Père éternel ! dit le bourgeois , me voilà aussi empêtré qu'un marchand en faillite qui veut faire signer un concordat à ses créanciers. Messieurs , écoutez la'raison , laissez au moins partir cette jeune fille.

— Vous nous rompez les oreilles! s'écria Contran. Si vous voulez faire la pai?^ , il faut doubletnoire solde. Vous êtes assez riches pour cela. Quant à la fille, vous la rendrez, mordieu! sinon, flamberge au vent !

— Mes très-chers frères, dit le ministre effrayé, voulez-vous attirer sur vous la colère des douze tribus, comme le firent les habitants de Gabaa, pour avoir outragé la femme du lévite? Je vous en conjure, montrez-vous plus dociles à la voix de celui que Dieu vous a envoyé pour vous faire connaître la lumière. Mes discours ont-ils donc produit sur vous si peu d'impression ^ Fermezvous encore les yeux au jour de la vérité ?

— A bas les prêcheurs! reprit Contran ; taisezvous, vieux fourreau sans lame. Il y a longtemps que nous sommes tout convertis, moi et mes chers

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camarades. Vertudieu ! Je me flatte que nous ne vous faisons pas déshonneur. Vous êtes protestants, c'est vrai, mais nous sommes de meilleurs protestants que vous. Vous protestez contre le pape, contre les conciles, contre la dîme, contre les moines , contre le duc de Guise , contre révéque et contre le curé. Nous, morbleu ! nous protestons contre tout cela et par-dessus le marché contre le roi , contre le parlement , contre les juges, contre les7lois, contre les seigneurs, contre les marchands, en un mot, contre Guise et Bourbon , contre Rome et Genève , contre Dieu et le diable. Est-ce une réforme cela? Sapredié; si vous êtes de bonne foi, vous viendrez à notre école.

Cette saillie abominable arracha de grands éclats de rire aux aventuriers.

— Gontran a raison , dit le bon larron , il y a longtemps que nous pratiquons les usages de la primitive Eglise. Personne parmi nous ne commande et personne n'obéit. Nous faisons bourse commune avec tous les hommes, parce que nous regardons tous les hommes comme nos frères.

En entendant ces blasphèmes, Montbrun ne put se contenir plus longtemps. Il s'approcha de

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la table, et la soulevant d'une main vigoureuse, la fit rouler à terre avec les bouteilles, les plats et les gobelets dont elle était chargée. Cette provocation audacieuse mit le comble à la colère des bandits. L'un d'eux se baissa aussitôt, ramassa un tesson de verre et le lança avec fureur à la télé de Montbrun. Heureusement celui-ci esquiva le coup, et le projectile alla se briser en éclats contre la muraille. Une lutte était devenue inévitable. Par bonheur, les protestants avaient tous à leurs ceintures des pistolets chargés , tandis que les aventuriers, grâce à une mesure de précaution prise par le comte de Sassenage, étaient entièrement dépourvus d'armes à feu. Toutefois, emportés par la fureur et par l'ivresse, ils tirèrent leurs rapières , et ils allaient se précipiter en avant, lorsqu'un gentilhomme huguenot, armant soudain ses pistolets, en dirigea la bouche sur les plus mutins.

— Scélérats ! leur dit-il, si vous faites un pas de plus, je vais épargner une corde au bourreau.

Malgré cette menace , l'un des bandits s'avança résolument sur le gentilhomme , comme s'il eût voulu le désarmer. Mais aussitôt une détonation ébranla les murs de la tour, et l'aventurier alla tomber roide mort au milieu de ses camarades.

Cette exécution calma tout à coup l'ivresse de la troupe. Malgré les exhortations de Contran, les plus hardis rengainèrent leurs épées.

— Qu'avez-vous "fait là, monsieur de Crussol? s'éciia le bourgeois de Valence.

— J'ai parlé à ces drôles le seul langage qu'ils entendent, répondit Crussol. Vous allez déguerpira l'instant, ajouta-t-il , en se tournant vers les aventuriers; j'espère que je ne vous retrouverai pas ici dans un quart d'heure.

— Y pensez-vous? dit le bourgeois; quand ils seront hors d'ici, ils n'auront rien de plus pressé que d'aller nous dénoncer au sénéchal.

— Qu'ils y aillent 1 repartit Monlbrun. J'aime mieux cela que de respirer encore le même air que ces misérables.

— Allons ! dit Crussol en rechargeant ses armes avec indifférence; dépêchez ! ayez soin d'emporter avec vous cette charogne, ajouta-t-il, en montrant le cadavre étendu sur le carreau au milieu des débris du festin.

— Vous avez eu tort, monsieur de Crussol, reprit le bourgeois qui se voyait déjà entre les mains des sergents. Je serai pendu et vous décapité, ce qui est à peu près la même chose; car, soit dit entre

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nous , le cou d'un gentilhomme n'est guère plus à l'aise sous un couteau bien affilé que le cou d'un vilain dans une cravate de chanvre. Ne vaudrait-il pas mieux garder ici ces coquins? Ils m'ont tous l'air maintenant de Madeleines repentantes , et je me fais garant que la leçon leur profitera»

En effet, le changeur, Landolfe, et le bon larron surtout, aide par le souvenir du rôle qu'il remplissait autrefois dans les mystères, avaient pris leur mine hypocrite et pateline, et semblaient au* tant de saints dans leurs niches. Les autres, au contraire, par les regards de haine qu'ils jetaient sur les protestants, tout en commençant leurs préparatifs de départ, témoignaient qu'ils n'avaient cédé qu'à la force.

— Il n'y a rien de bon à attendre de ces drôles , dit Monlbrun. Ils retourneront toujours à leur ancien métier, comme le pourceau à son auge. Mais rassurez- vous, maitre Thévenin , nous prendrons des mesures pour vous mettre à l'abri des recherches de la maréchaussée.

Le vieillard, voyant qu'il était inutile d'in-» sister, se résigna à suivre ses amis dans les appartements du premier étage. Montbrun aida Blanche éperdue à gravir les marches de l'escalier, et le

frère de Saint-Corne, qui ne se souciait pas de rester seul avec les bandits, saisit un réforme par son manteau et disparut avec lui dans la sombre spirale de la tour.

— Lâches ! dit alors Gontran à ses compagnons, si vous m'aviez cru , les choses auraient tourné autrement, vous avez laissé échapper la plus belle fille du pays.

— Bah ! dit le joueur, la partie n'était pas égale. Que voulez-vous faire contre des gens qui en battant les cartes ont eu soin de garder tous les as dans leur manche.

— Bon ! bon ! murmura le changeur, nous leur rendrons bientôt la monnaie de leur pièce.

Cependant le bon larron s'était penché sur le corps de celui de ses camarades qui avait mordu la poussière, et était tout occupé à fouiller dans ses poches.

— Pauvre La Valeur! dit-il d'un ton de regret , il est bien mort ! c'est un véritable ami que je perds. Quand il quitta la garde du saint père, à Avignon , c'est moi qui le fis entrer dans la confrérie de la Passion , où il remplissait le rôle d'un des gardiens du tombeau. Jamais personne n'a pu l'égaler dans sa partie, et il faisait rire tout le

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monde quand il s'enfuyait à toutes jambes devant l'ange du Seigneur. Mais maintenant il ne courra plus 5 jamais plus il n'aura peur.

Tout en faisant cette oraison funèbre, le bon larron trouva dans une des poches de La Valeur deux ou trois pièces de monnaie qu'il fît passer dans sa ceinture, en assurant madame Cicindelle qu'il ne s'emparait de ce trésor que dans l'intention charitable de faire dire quelques messes pour l'ame du défunt. Mais déjà la compagnie avait plié bagage et se préparait à déguerpir.

— En route! en route! ditLandolfe, en jetant sa guitare sur son dos et en offrant galamment son bras à Cicindelle. Allons voir le monde ; quand je suis resté une heure à la même place, je m'ennuie. Mais de quel côté porterons-nous nos pas? Serace du coté où se lève le soleil ou de celui où il se couche? C'est à vous, ma toute charmante, de décider la chose.

— Jetez votre chapeau en l'air, répondit Cicindelle avec insouciance.

— Au fait, s'écria Contran en ouvrant la porte, la terre est à nous , à quoi bon nous inquiéter ? Sommes-nous morts de faim jusqu'à cette heure? n'y a-t-il plus de cavaliers sur les routes ? les chiens

de basse-cour ont-ils de plus grandes dents qu'autrefois ? les portes sont-elles plus difficiles à ouvrir ? n'y a-t-il qu'une jolie fille au monde ?

Lorsque la troupe eut fait quelques pas dans ia foret, elle s'arrêta. On creusa rapidement une fosse peu profonde et Ton y déposa, sans cérémonie, le cadavre de La Valeur, qu'avaient apporté jusque-là le reître et un autre des bandits. Thibaut, que le bon larron était allé réveiller au fond de la cave où il dormait , ne tarda pas à rejoindre la bande , qui se remit en route en causant des vertus du défunt. Thibaut et Contran faisaient les hommes d'importance sur les deux chevaux qu'ils avaient volés au chalet, et trottaient en avant, tout en philosophant comme le pourraiient faire deux généraux après une bataille perdue.

Il y avait à peu près une demi-heure qu'ils cheminaient de la sorte, lorsqu'ils aperçurent tout à coup, au détour d'un sentier, deux voyageurs qui s'avançaient de leur côté. L'un était à pied, l'autre monté sur un cheval vigoureux. Ils semf. blaient faire diligence. La première pensée des aventuriers fut de remercier le ciel de la bonne aubaine qu'il leur envoyait, mais lorsqu'ils eurent fait quelques pas de plus, ils reconnurent avec

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désappointement, clans le cavalier, un de leurs anciens alliés, avec lequel ils croyaient avoir quelques ménagements à garder. Le manteau brun qui couvrait ses épaules, la plume verte qui flottait sur son chapeau, avaient trahi le comte de Sassenage. C'était celui des protestants qui avait su le mieux se concilier leur sympathie, en leur parlant plus souvent du butin qui les attendait pendant la guerre que des réformes à introduire dans leur conduite. Le capitaine Hartman ( c'est sous ce nom que le comte traitait avec eux ), le capitaine Hartman, les ayant abordés, leur demanda avec surprise où ils allaient ainsi et pourquoi ils avaient quitté la tour. Aussitôt on lui raconta en détail ce qui s'était passé, et ce récit sembla amuser beaucoup le capitaine. Il n'était pas homme à s'effaroucher des peccadilles que les aventuriers avaient commises : des bouteilles vidées, des étables pillées, une fille enlevée, tout cela lui semblait un passetemps aussi agréable qu'un autre.

Mais si la conduite des bandits, envisagée au point de vue moral, ne le fit pas même sourciller, elle lui causa, en revanche, un assez vif mécontentement , loirsqu'il la considéra au point de vue de son intérêt particulier, et qu'il en calcula les

suites. D'une part, il voyait échouer le plan qu'il avait formé, en enrôlant sous sa bannière une troupe de gens sans foi ni loi, qu'aucun scrupule de conscience n'eût arrêtés, lorsqu'il se fut agi de servir d'instruments à ses vengeances. De l'autre, il tremblait que son crédit n'eût été affaibli auprès des protestants par la révolte des bandits dont il s'était fait la caution. Il craignait en outre qu'une dénonciation de la part de ces derniers ne mît le prévôt sur ses traces et sur celles des autres proscrits que renfermait la tour. 11 ne songea donc qu'à réparer le mal qui s'était fait pendant son absence et à renouer les fils de la trame qui s'étaient rompus.

— Allez en avant, Landry, dit-il à son compagnon de route. Je ne tarderai pas à vous rejoindre. Puis, s'adressant aux aventuriers : Vous êtes tous des sots, leur dit-il; qui se presse trop d'arriver se casse les jambes en route. Pâque-soles ! ne pouviez-vous attendre quelques jours ? Je vous avais promis carte blanche aussitôt que la guerre serait commencée. Que diable! on prend patience.

— Nous mourions de soif, dit le joueur.

— Le chant des poules et des coqs m'empêchait de dormir, dit Thibaut,

— Eh ! ventrebleu ! ne pouviez-vous boire sans casser les verres, et plumer les poules sans les faire crier? Ne pouviez-vous pas respecter les oreilles de ces chanteurs de cantiques ?

— Ils ne respectaient guère les nôtres, ditLandolfe.

— A la bonne heure! reprit le comte, mais ce n'était pas une raisoi) pour compromettre notre sûreté à tous. A présent^ je gage que toutes les paroisses voisines sont en rumeur. Le renard a ' beau effacer ses traces devant son gite , les paysans savent bien le découvrir. Que vous manquaitil là bas ? IN'avieZ'Vous pas un abri ? N'aviez-vous pas du vin et ne faisiez-vous pas vos quatre repas ?

— Bah ! dit un aventurier, ils nous régalaient tous les jours avec des fèves et du mouton bouilli.

— Avez-vous coutume de manger des faisans ? demanda le comte. Votre métier est-il un métier de moines ? Pâque-soles ! de vieux soldats, comme vous l'êtes presque tous, ne savent-ils pas vivre à la guerre comme à la guerre? Vous aviez à peine un mois à attendre, et tout était fini. A la première arquebusade, plus de joug, plus de con-

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trainte! Au lieu de vous cacher et d'errer dans les bois, comme des loups affames, vous seriez entrés dans les villes et dans les châteaux, le front haut. Vous auriez fait trembler à votre tour les juges, les prévôts et les archers. Vous auriez déchiré de vos mains les registres où sont écrites vos peccadilles, brûlé ou pendu les drôles qui voulaient vous pendre et vous brûler. Vous auriez dîné dans les réfectoires des abbayes, puisé à pleines mains dans les coffres des trésoriers. A. la fin de la campagne, vous auriez tous passé pour d'honnêtes gens et vous seriez retirés avec de bonnes rentes. Mais vous êtes des niais; vous aimez mieux courir les grandes routes , en attendant la hart ou l'hôpital.

Les aventuriers , séduits par le tableau que venait de faire le capitaine Hartman, commencèrent à regretter d'avoir été si vite en besogne.

— Je leur avais toujours dit cela , murmura le changeur.

— C'est la faute de Gonlran, dit le bon larron ; s'il n'avait pas amené avec lui cette péronnelle , tout cela se serait passé sans bruit.

— Sapredié ! s'écria Gontran ! est-ce moi qui ai fait brailler le frère de Saint-Gôme? Ne t'avise pas

de me chercher noise à ce sujet, vilain merle; car je t'apprendrai à siffler sur un autre ton.

— Essaye, répondit le bon larron en s'approchant de Gontran d'un air irrité ; crois-tu que tes airs de gentilhomme me fassent peur? «'^'j

— Allons, la paix ! dit le comte en faisant avancer son cheval entre les deux adversaires. Depuis quand les loups se mangent-iJs entre eux ? Ce qui est certain, c'est que vous aimeriez autant, à cette heure, être encore dans la tour, assis auprès d'un bon feu , et aiguisant vos armes pour la prochaine campagne , n'est-ce pas ?

— Nous n'avons pas besoin d'attendre si longtemps pour être riches, dit un des aventuriers; un petit mot à Foreille du prévôt ferait l'affaire.

— Qu'entends-tu par là? demanda le comte.

— La tour d'Ambierle renferme des oiseaux dont on paiera un bon prix à celui qui les fera dénicher.

— Oui dà ! repartit M. deSassenage.Tu crois que le prévôt te lâchera quand il te tiendra sous ses verrous? Imbécille ! tu auras beau lui faire tes confidences, il ne te crbira pas. Que pourrais-tu lui apprendre , d'ailleurs? Que sais-tu ? Qu'il y a des gens cachés dans la tour ? ces gens-là n'y seront

plus demain. Que Ton veut faire la guerre à messieurs de Guise? la belle nouvelle! Tout le monde en sait bien autant. Voyons ! que lui diras-tu ?

L'aventurier ouvrit la bouche et ne sut que répondre.

— Tu lui demanderas, à ce que je vois, une corde neuve qui manque à ta toilette; je puis t'assurer d'avance qu'il ne te la refuseras pas. Mais ne perdons pas le temps en vaines paroles. Je suis un bon diable, et si vous êtes disposés à me servir, je ne lésinerai pas avec vous.

Les bandits répondirent qu'ils lui étaient dévoués, pourvu que les conditions du marché fussent avantageuses.

— C'est bien ! dit le comte; nous causerons de cela plus tard. Où allez-vous de ce pas?

— Qui sait où va la feuille que le vent emporte? repartit Landolfe , qui sait ce que voudra ce soir madame Cicindelle, et si demain au matin elle voudra ce qu'elle aura voulu ce soir. r

— Trêve de folies! maître Landolfe, dit le comte, et laissez parler les gens qui ont dIus de cervelle que vous. Où pensez-vous aHer, Contran ?

— Nous allons gagner les bois du Royannais, réppndit l'aventurier, et dans deux jours nous se-

ronsau Bourg du Péage, nous coucherons chez la mère La Nuit.

— Au bord de la rivière ?

— Oui, messire.

— Eh bien ! j'irai vous y trouver. En attendant, vous boirez quelques outres à ma santé. Voilà de l'argent pour cela. Bon voyage!

En parlant ainsi, M. de Sassenage jeta une bourse à Gontran et s'éloigna au grand trot de son cheval.

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