ÉPILOGUE
Les curés tenaient autrefois, en France, des régistres où ils inscrivaient les dates des naissances, des mariages et des morts qui survenaient dans leurs paroisses, On donnait le nom d’obit, ou d’obituaire, à ceux de ces registres qui étaient destinés à conserver la mémoire des défunts à l'heure de leur départ pour un monde meilleur. Nous avons été assez heureux pour nous procurer l’obituaire de la paroisse de Ladvieusous-Montmaur, lequel paraît avoir été tenu avec une grande régularité, et pendant une longue suite d’années, par le même pasteur, Il nous suflira d’en donner ici quelques extraits, pour faire connaître au lecteur curieux la destinée des personnages les plus importants de notre histoire, Nous avons craint d’abord en l’ouvrant, et en lisant au-dessus du titre cette sentence lugubre :
Pallida mors æquo pulsat pede Pauperum tabernas regumque turres *,
Nous avions craint, disons-nous, de ne trouver
* La mort renverse d’un pied indifférent la cabane du pauvre et le palais du monarque. HoORAGE,
AYMÉ VERD, dans ces pages qu'une nomenclature funèbre, plus propre à attrister l'âme qu'à la réjouir. Mais nous avons vu bientôt, avec plaisir, que maître Placide Gouttenoire, le curé en question, consignait dans ces annales de la tombe les événements les plus divers, et qu'à propos de morts, il parlait volontiers de noces et de baptêmes, en quoi il continuait de se montrer fidèle aux principes philosophiques qu'il avait puisés à l'université de Montpellier. Voici du reste, les extraits de cette pièce intéressante que nous avons traduite tout exprès pour servir de conclusion à notre récit.