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ainsi qu'aux habitants de Ladvieu. C'était une fille sage et économe, et dont nous n’avons jamais eu qu’à nous Jouer, quoiqu’elle aimât volontiers à porter sur elle les clés de Ja cave, de l'office, et même du coffre-fort; quoiqu’elle se fût formé, en un certain sens, une trop haute idée de la position d’une gouvernante du curé de Montmaur; quoiqu’elle nous reprochât de ne pas ressembler en tout point à notre estimable prédécesseur, pareille en cela à certaines matrones qui, ayant COnvolé à de secondes noces, rendent leur second mari martyr de toutes les vertus de leur premier époux; quoique. quoique. Mais qu’elle repose en paix, et que la terre lui soit Jégèrel.........sssss.sssssse
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+ Cejourd'hui, 24 mai 1677, a été inhumé, dans le chœur de cette église, très-haut et très-puissant seioneur Hugues Verd de Chambéon, baron de Rochelerpt, seigneur de Rochebrune, de Rocheblaine, de Rocheplate, de Rochetaillée, de Rochecorbière et de divers autres lieux. En lui s'est éteinte la branche aînée de cette illustre maison, qui avait donné un chanoine au très-nob'e chapitre de Saint-Bernard, et qui s’est toujours distinguée par sa piété et sa libéralité. Ledit seigneur de Chambéon s'était toujours montré digne de ses ancêtres, tant par la beauté de ses exploits pendant la guerre que par sa munificence, son zèle éclairé pour la religion et la dévotion toute particulière qu'il avait pour la mère de Dieu, ayant fait brûler, peu de jours avant de mourir, un cierge devant son autel. II était le parrain de haut et puissant seigneur Hugues de Montmaur, fils aîné de très-haut et très-puisgant seigneur Aymé de Montmaur, et de très-noble et très-puissante dame Hélène -Marie - Blanche de Sasse-
nage, son épouse, pour le présent page en la cour dé Sa Majesté le roi de France, et à qui il a laissé ses vastes et riches possessions du Valgodemar, à la condition par lui d’écarteler son blason aux anciennes armes de Rochelerpt, qui sont d'azur à l’ours passant d'argent. Nous composons pour lui une épitaphe dans laquelle nous n'oublierons pas de rappeler comment ce respectable gentilhomme se comporta au milieu des événements de 1562, événements dont personne encore n’a perdu la mémoire, et dont nous pourrions dire nous-même comme le pieux Eneas :
Et quorum pars magna fui!
Cette perte nous a été très sensible, car ledit seigneur ne dédaignait pas de nous faire l'honneur de s'asseoir quelquefois à notre table frugale et de nous emmener dîner au nouveau château de Montmaur, lequel château, tout neufet bâtiten grosses pierres blanches avec toutes sortes d'ornements d’un goût moderne, s'élève hors de la vue de l’ancien manoir, dans la vallée de Pécomtal. Voilà bien des amis que nous perdons en peu d’annécs, car nous avons Vu mourir SUCCESSiVEment notre bien-aimé père, Jean Gouttenoire, en son vivant consul de la ville de Romans; dame Gudule, notre mère nourrice; notre ami et ancien compagnon Jacques Sauzéas, de Saint-Étienne en Forez, que nous avons eu la joie de ramener au bercail, après quelques discussions approfondies sur les matières les plus ardues de la théologie; enfin notre digne oncle, maître Eustache Bénévent, qui est parti le premier de tous; et dame Monique, notre gouvernante, que nous regrettons chaque jour davantage à mesure que nous avançons dans cette vie pénible.
Heu ! heu ! fugaces, Posthume, Posthume, Labuntur anni *.
‘ Ccjourd’hui, 11 février 1582, a été inhumé dans notre cimetière maître Geneste, marguillier de notre paroisse, intendant desdomaines de Montmaur. Il avait épousé, en 1564, demoiselle Paschale, dont il a eu douze enfants, tant filles que garcons, tous bien portants à cette heure. L’aînée desdits enfants est allée s'établir à Saint-Chaffrey en Vercors, après avoir épousé un nommé Serpolet, qui a de grands troupeaux
dans le pays, el qu’on supposé protégé par quelque.
fée ou sorcière, attendu que son père ne Jui avait laissé pour héritage qu’une couple de chiens et un bâton ferré. Quant aux orphelins de maître Genest, ils n’ont pas à craindre la disette, car monseigneur le baron a promis de les marier, doter et établir convenablement, . .
T Ce 13 octobre 1590 a été inhumé dans le cimetière de la paroisse maître Jérôme Gaschet, l’ancien escholier de la contrée, lequel vivait à Ladvieu depuis assez longtemps, d’une rente que lui avait faite notre seigneur messire Aymé de Montmaur. Malgré ses soixante et dix ans, il allait encore à pied, toutes les semaines, au château de Beauséjour, déjeuner et diner chez madame de Salvaing, autrefois Sigolène de Jarniost, laquelle avait épousé le sieur Salvaing, doyen des conseillers au parlement de Grenoble, qu'elle eût la douleur de perdre après dix ans de bon ménage.
* Hélas! Postbumus, Posthumus, les années s’envolent avec rapidité.
C’est de maître Gaschet que nous avons appris que feu messire Josserand de Jarniost est mort de joie en serrant dans ses bras le premier-né de sa fille. Quant à mademoiselle Cunégonde, personne n’ignore qu’elle se retira dans la maison noble des chanoiïinesses de Leigneux en Forez. Quelques-uns affirment que ce fut par dépit de voir sa sœur cadette mariée avant elle; mais nous repoussons cette explication de la conduite de la noble demoiselle. Elle a été plus sage que sa sœur, elle a donné sa foi à un époux qui ne la lais era jamais veuve, et qu’elle est sûre de posséder pendant l'éternité, à savoir Notre-Seigneur Jésus-Christ. Nota. 1] faut, pour entrer à Leigneux, faire preuve de douze quartiers, tant du côté paternel que du côté maternel, et madame l’abbesse actuelle, qui est une du Bouchage, se montre avec raison très-sévère sur ce point. Aussi a-t-elle refusé dernièrement de donner le ruban blanc et la croix pattée à Guillemine de Chantemerle, qui, outre qu’elle n’a pu justifier de plus de onze générations, portait sur son écusson cinq merlettes au lieu de trois que portaient ses pères, ce qui soulève une grave question que nous nous faisons un plaisir d'examiner. En effet *. . . . . . . . Ce 18 novembre 1595 a été inhumé en terre sainte maître (quelques mots illisibles), qui avait eu le malheur d’embrasser les erreurs de Calvin, et s'était acquis
*Jci maitre Placide entre dans une longue discussion héraldique que nous croyons pouvoir supprimer sans nuire à l'agrément du lecteur. On voit que le digne bachelier, en vieillissant, avait agrandi le cercle déjà si étendu de ses connaissances, et avait porté dans l'étude si importante et si difficile du blason, la force et la pénétration d'esprit dont il était doué.
ÀGh AYMÉ VERD,
une fàcheuse réputation dans toutes les guerres de religion qui ont dévasté notre pays. Grâce à Dieu, il s’est rétracté de ses erreurs et a donné aux pauvres tous ses biens mal acquis, En disant la messe pour lui, nous avions le cœur triste; car nous nous rappelions que nous aussi nous avions versé le sang de notre prochain; mais nous avons dit un Memento pour le salut de toutes les victimes de la guerre, et en particulier de celles qui étaient tombées sous notre bâton. J'ai pris ensuite mon bréviaire sous mon bras, et je suis allé me promener sur les bords du Riousset; mais insensiblement j'ai gravi le sentier couvert d’orties et d’herbes sauvages qui mène aux ruines de l’ancien château. Comme il n’y à plus ni gardiens, ni chiens, ni êtres vivants, et que le pont-levis est resté baissé dcpuis l’incendie qui a dévoré la maison, j'ai pu errer au milieu des décombres. Tristes effets de la guerre civile! C’est là que deux frères dénaturés se sont tués sous les yeux de leur pauvre mère. Ils n’ont écouté ni la voix du sang ni la voix de Ja religion pour laquelle ils prétendaient combattre, Ému par cette pensée, je me suis éloigné en murmurant ces vers d'Horatius :
Neque hic lupis mos, nec fuit leonibus, Nunquam, nisi in dispar, feris.
Furorne cæcus, an rapit vis acrior An culpa? responsum date.
Tacent, et ore pallor albus inficit Mentesque perculsæ stupent.
Sic est : Acerba fata Romanos agunt, Scelusque fraternæ necis,
Ut immerentis fluxit in terram Remi Sacer nepotibus cruor* !
* Les loups et les lions ne connwrent jamais cet usage
Nous ne pousserons pas plus loin les citations de l'obituaire de Ladvieu. Les renseignements que nous y avons trouvés sur les personnes qui nous intéressent se trouvant disséminés dans un très-grand nombre d’articles, il nous aurait fallu trop de place pour les mettre sous les yeux du lecteur. Nous préférons résumer en peu de mots ce que nous avons pu apprendre en continuant de parcourir le vieux parchemin. Il résulte de cette précieuse relique du temps passé, que le jeune Aymé de Montmaur avait éprouvé d'assez grandes difficultés pour rentrer dans les domaines de ses pères. La déclaration du vieux Hugues Verd, déclaration qu’il avait faite entre les mains des gens du roi à l'insu de son fils, avait donné l'éveil à la justice. Quoique l'on eût mille raisons pour croire qu'Aymé Verd était véritablement l'héritier de Ponce IV, ces présomptions ne pouvaient avoir la force d’une preuve légale et positive. Heureusement, une perquisition faite dans un tout autre but dans la maison déserte du pontonnier amena la. découverte d’un coffre renfermant les papiers que Philibert avait cherchés en vain. Ces papiers fournirent la preuve qu'on attendait, et un arrêt solennel du parlement intervint qui rétablit le jeune orphelin dans tous ses droits. Nous avons vu avec satisfaction que notre héros n’abusa point de la richesse et de la
barbare. Ils ne sont cruels que contre les animaux d’une autre espèce. Est-ce une fureur aveugle qui vous pousse ? Est-ce une fatalité, ou quelque crime ?.. parlez... Ils gardent le silence : ils pâlissent. Leurs sens étonnés demeurent suspendus. Je le vois, ce sont des destins ennemis, qui emportent les Romais. C’est le meurtre d’un frère, le sang de l'innocent Remus qui a été répandu, et qui retombe aujourd’hui sur les enfants du coupable,
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