FE M. RON
puissance qui lui échurent en partage. Maîtré Placide donne les plus grands éloges au soin qu'il eut tout d’abord de fonder une messe à perpétuité pour le repos de l’âme de sa tante, et de faire élever à ses déux cousins une pierre funèbre. Il n'épousa mademoiselle de Sassenage qu’au bout de trois années, lorsque le temps eut un peu affaibli le souvenir des douloureux événements qui s'étaient passés au château de Montmaur. Enfin il vieillit en faisant le bien et entouré de nombreux enfants dont il devait voir la troisième génération.
Le bon curé, tout en racontant Ces choses un péu au hasard, sans ordre et souvent sans à-propos, voyait lui-même petit à petit blanchir ses cheveux, À mesure qu'on approche des dernières pages de l’obit, l'écriture devient de moins en moins lisible, la main de notre ami Placide commençait à trembler; sa mémoire n’était plus aussi fidèle, car il tronque les passages des poëtes, latins qu’il cite encore; il revient plusieurs fois sur des choses qu'il à déjà dites et redites; il se plaint du temps présent et même un peu de son seigneur Aymé de Montmaur, quoiqu'il aillé dîner régulièrement au château tous les dimanches et plus d’une fois durant la semaine.
Enfin, au 16 janvier 1612, le manuscrit s'arrête brusquement, et nous devons penser que, peu de temps après, le digne curé de Montmaur alla rejoindre au ciel son vénérable prédécesseur. Mais à cette époque Dieu n'avait pas encore enlevé à leur nombreuse famille Aymé de Montmaur et sa compagne.