LE SIÈGE DE NARBONNB CXLV
• Assaillent mi paîaa d'oltre la mar.
« Mes portes m'ont fait claure e fort terrar. t Ane ne fustes tan pros ne si rius bars « Que m'anessaz de France lai ajudar i. •
M. Mcycr, dans ses Recherches sur Vépopée française % avait d'abord assimilé cet Anséis à Anséis de Carthage, personnage épique bien connu, qui figure dans Aymeri parmi les barons auxquels Charlemagne oflre en vain Narbonne ^. Mais aucun de nos poèmes ne le représente comme ayant été en possession de cette ville. Dans la chanson qui porte son nom, c^est l'Espagne, et non Narbonne, qui lui est confiée par Charlemagne. M. Meyer pense donc aujourd'hui qu'on doit lire Aimeri au lieu d*Anseîs^ leçon probablement fautive, qui, du reste, ne se trouve pas dans tous les manuscrits ^. Ainsi ce passage de Girart
I. p. Meyer, Recueil if anciens textes, i» pariîc, p. 46-7 ; traductioQ de Girart de Roussillon, p. 106-7.
a. Bibliothèque de V École des CkarUs, 6« série, t. III, p. 5i.
3. Le langage tenu à Charlemagne par Anséis de Carthage dans Aymeri n'est pas sans analogie avec le discours de TAnséis de Girart de Roussillon :
« Droiz enperere, je n'tn ti nul conige « Qut ge remengne en la terre tauTtje...
« Se an Nerbone prenoie nx>n ettaje, « Aosin seroie corn li oisiaut en cage.
« Maudite soit tel terre I •
Cette ressemblance, d'ailleurs, peut n*étre que fortuite.
4. Traduction de Girart de Roussillon, p. 106, note. — Le ms. de la Bibl. nat. fr. 3180 donne simplement comme variante Ducs de Narbona (éd. Fr. Michel, p. 82).