‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 106 sur 235 · CXL¥1 INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXL¥1 INTRODUCTION

de Roussillon paraît se rattacher exactement i la tradition qui fait Tobjet de la chanson d*Aymeri ^

Ce dernier personnage, ainsi qu'on a pu en juger par les exemples que nous avons cités en étudiant ses rapports avec Thistoire, a été de bonne heure associé à la conquête de Narbonne. Notre poème est consacré en partie au récit de cet exploit, et présente le développement complet de la légende. La scène se passe au retour d^Espagne, après le désastre de Roncevaux ; mais l'auteur semble n'avoir pas ignoré la première prise de la ville, dont il est question dans la chanson de Roland. Au commencement de Taaion, Charlemagne rappelle, en effet, que Narbonne a déjà été en son pouvoir, et le duc Naime se charge de lui apprendre qu'elle est retombée depuis sous le joug des Sarrasins :

« Est ce Nerbone dont l'en m'a tant conté,

« Qui toute Espangoe sormonte de âerté?

• Qant oi pris Nobles et retenu Forré,

« Lors mist ses gardes en iceste cité^

« Que il la dut garder a sauveté ^.

— Sire, ■ dist Naimes, « par foi, c'est vérité;

1. Nous devons faire obienrer cependant que Charlemagne est remplacé ici par Charles Martel, et que roccupation de Narbonne, conformément à la première allusion de la chanson de Roland, se place avant une expédition en Espagne, tandis que, dans notre poème, c'est seulement au retour de cette contrée qu'Aymeri s'empare de la ville.

2. Nous avons déjà vu (p. lvui) qu'il s'agit ici de Roland. C'est lui qui avait reçu, en premier lieu, la mission de garder Narbonne. Il devait être mentionné dans un vers qui manque dans tous les manuscrits.

INFLUENCE DES RELATIONS AVEC l'ORIBNT CXLVII

• Mes Sairazin n'orent pas oublié.

« Puis que il virent RoUant de ci torné,

« Si s'asenblerent li cuvert deffaé;

t Si rasaillirent ceste grant fermeté...

« Tant asaillirent li gloton parjuré,

n Q'an mains d'un mois sessirent la cité ;

€ Si furent tuit cil dedanz desmenbré. •

On voit que le poète s'est efforcé de mettre ici Taccord entre les diverses traditions ^ Nous n'avons pas à examiner ici à quelles sources il les a puisées; nous avons déjà eu l'occasion de traiter cette question, et nous avons démontré que Bertrand de Bar-sur- Aube a eu sous les yeux une chanson antérieure qu'il a suivie d'assez près dans la partie la plus importante de son œuvre *.

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