‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 118 sur 235 · CLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLVI INTRODUCTION

Magnum illius esse conditorem ; et hanc quidem opinionem veluti consecravit illustrissimus D. de la Berchère, archiepiscopus Narbonensis, in suo breviario ad diem 27 julii, ubi in lectionibus translatioDis reli* quiarum sancti Pauli de Carolo Magno haec leguntur : « Eo loco monasterium sub ejusdem sancti Pauli « nomine œdificari prascepit, quod quidem multis au- « xit reditibus » (T. VI, p. 141 ). Cette attribution n*a rien d*historique, car Téglise Saint Paul est fort ancienne, et remonte, suivant D. Vaissète, à Tépoque de la domination des Wisigoths ^ Il est fort probable aussi que les reliques de saint Paul n^ont jamais cessé d'être à Narbonne et n*ont pu être, par conséquent, rapportées d'Espagne. Saint Paul, en effet, Tun des sept évêques qui évangélisèrent la Gaule au 111^ siècle, suivant le témoignage de Grégoire de Tours, occupa jusqu'à la fin de sa vie le siège épiscopal de Narbonne, et mourut en paix dans cette ville *. On a prétendu à tort qu^il avait accompli une mission en

l'églite Saint Paul, mais de la cathédrale de Narbonne, dont on at* tribuait aussi la construction à Charlemagne.

1. Hist. générale de Languedoc, i^ éd., t. I, p. 443. ~ L'église Saint Paul est déjà mentionnée dans un plaid du 3 juin 782, qui condamna Milon, comte de Narbonne, à restituer à l'archevêque Daniel des biens qu*il avait usurpés (ibid.9 preuves, n^ V, col. 24-6}. Voy. aussi deux diplômes de Louis le Pieux et de Charles le Chauve, le premier du 39 décembre 814 (ibid.f preuves, n* XXIIL col. 44-3), et le second du 20 juin 844 (preuves, n» LXII, col. So- I). 11 est question dans ces diplômes du monastère, « quod dicitur Sancti Pauli confessoris, ubi ipse sanctuf corpore requiescit. »

2. HisU Franeorum, 1. 1, cb. 28. » Cf. Bist. littéraire de la France, t. XXII, p. 462-3.

FONDATION DE SAINT PAUL DE NARBONNE CLVll

Espagne ; ce fait a été très bien réfuté par les BoUandistes [AA. SS.^ Mars, t. III, p. 374etsuiv.).

Il est à croire qu*en mettant sur le compte de Charlemagne la translation des reliques de saint Paul et la fondation de Téglise qui lui était consacrée, on a fait une confusion avec une autre tradition qui avait cours au sujet de saint Juste et de saint Pasteur, patrons de réglise métropolitaine de Narbonne. Charlemagne, disait-on, avait, durant son expédition audelà des Pyrénées, pris possession des reliques de ces deux saints, martyrisés en 3o4 à Alcala de Henarès. Il avait le dessein d'en faire présent à la cathédrale de Narbonne qu*il avait lui-même fondée, mais à son retour, il avait été obligé de les laisser en Espagne. En io58, Guifred deCerdagne, archevêque de Narbonne, informé du lieu qui renfermait ces reliques, parvint à les recouvrer et les plaça dans Téglise à laquelle elles avaient été primitivement destin&s ^ Mais à la suite d'une contestation avec son archidiacre, il enleva secrètement ce précieux dépôt et le transporta dans une simple paroisse de son diocèse, où il transféra en même temps son siège et son chapitre. Le vicomte de Narbonne Bérenger protesta vivement contre cette décision, et porta plainte à ce sujet dans un concile réuni à Arles vers loSg^. Cette plainte, dont on a

1. « Anno Domini icLviif, Dominus Guifredus, Narbonensis «rchiepiscoput, detulit apud Narbonam corpora tanctonim Justi et Pattoris. » Chronicon Sancti PauU Narbonensis, dans VHisi, gé^ nérale de Languedoc, nouvelle éd., t. V, preuves, n* IX. Cf. Gal^ lia christiana, t. VI, p. Z6\ AA, SS, Boll, Mars, t. III, p. 373.

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