‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 130 sur 235 · CLXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLXXXII INTRODUCTION

tifs qui lui sont paràcuUers. Il est donc probable que ces deux textes ont été puisés seulement i une source commune, d'une façon plus ou moins directe. « Cette source », ajoute M. Paris, c n'était certainement pas historique, car le récit a tous les caractères d'un conte. C'était sans doute un poème dans le genre du Pèle* rinage de Charlemagne, et qui lui faisait pendant ou plutôt contraste. Dans le Pèlerinage de Charlemagne, les Francs sont écrasés par la magnificence du

roi grec Ici les Francs triomphent des Grecs par

leur faste, et les dépitent particulièrement en passant avec une indifférence affectée au milieu des merveilles dont on a cru qu'ils seraient ébahis. Ce caractère de

rivalité entre Francs et Grecs indique un poème

français composé certainement avant les croisades et dont sont issus i la fois les récits sur Robert et les ré* cits sur Sigurd et Harald ^ m

Il est fort probable que les épisodes intercalés par Wace dans le récit du pèlerinage de Robert de Normandie étaient déjà antérieurement ratuchés i ce personnage par une tradition qui remontait plus ou moins directement au vieux poème. Cest de cette tradition que Wace s'est inspiré *; elle avait mis en oubli le nom du héros primitif pour attribuer ses aventures au duc Robert, comme plus tard les Norvégiens les ont rapportées à Sigurd. Dans l'ancien

I. L. cit., p. 534. — M. Paris fait remonter ce poème au ix* ou au x« siècle (ibid,, p. SBg).

a. M. Kœrting suppose que Wact a emprunté ses anecdotes à une tradition orale (Uebtr die QiteUen des Roman de Rot, p. 55).

ÉPISODE DES NOIX ET DBS HANAPS BftÛLÉS CULXIlll

poème, U 8CCM ae ptmit BÛrement i Constandnopic; Robert etSigurd avaient aussi visité cette ville en se rendant i Jérusalem \ cette circonstance a permis de les substituer aisément au personnage qui figurait à Torigine dans la légende et qui n^avait sûrement rien de cooimun avec eux. Quel était ce personnage ? C*est Idf on le comprend, une question insoluble. Quant aax données du récit primitif, il est assez facile de les reconstituer. Si Ton en juge par la comparaison de la Geste des Norman\^ des sagas et â^Aytneri de Narbonne, ce récit devait comprendre les trois épisodes des £ers d*or, des manteaux et des noix brûlées, tels qu'ils ont été reproduits par Wace. M. Paris pense que dans la forme la plus ancienne de cette narration il s*agissait non de pèlerins, mais d'ambassadeurs '• A Tappui de cette conjecture, il çjte une nouvelle ver$ion de ce conte, où l'action a encore Con3tantinoplc pour théâtre, mais où le héros est un messager de l'empereur d'Allemagne Conrad IL Celui-ei envoya en 10S7 près de Tempereur de Constantinople Constantin IX, l'évêque de Strasbourg Wemher, accompagné d'un seigneur souabe nommé Mangold de Werde. Ce Mangold fonda plus tard à Donauwertb Tabbaye de Sainte Croix, et lui fit présent d'une parcelle de la vraie croix qu'il avait rapportée de son voyage. Un moine de cette abbaye, Berthold, dans une histoire de la translation de cette précieuse relique qu'il écrivit vers 1 1 20, nous donne

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