I. — Ms. de la Bibl. nat. fr
(FoL I r^ L'auteur annonce le sujet de son ouvrage : « Comment Âimery de Beaulande conquist par sa proesce la cité de Nerbonne que Sarrasins occupoient. » Il avertit ses lecteurs qu'il Ta traduit c de vielle rime en telle prose », car, ajoute-t-il dans une phrase que nous avons déjà citée, c plus volentiers s'esbat l'en maintenant qu'on ne souloit, et plus est le langage plaisant prose que rime. » Il proteste ensuite de sa fidélité à suivre son modèle, dont il n'a changé
magne surmontée d'un aigle d'or éployé. Au second plan est la quintaine dressa sous les yeux de l'empereur ; celui-ci se tient à cheval, la tête ceinte "d'une couronne fermée. Son enseigne, portée à ses côtés, est partie aux armes de France et de l'Empire. Sur la droite, on voit Aymeri escaladant avec ses compagnons les mun de Narbonne; sa bannière est blanche, ornée d'une croix d'or.
I . M. L. Gautier a publié un assez long fragment de cette version (du fol. a r« au fol. 4 v«) dans ses Épopées françaises (2^ éd., t. lV,p. 34«-4)«
LES VERSIONS EN PEOSE CCUll
que le langage. Son ouvrage s'étendra, dit-il, « du commencement du conte Aimeiy jusques au finement de son fils Guillaume au court nez, qui conquist Orange dont il porta le seurnon tout son vivant. > Guillaume n'était ni le plus jeune, ni le plus figé des enfants d'Aymeri, mais ce fut le plus vaillant. Aymeri était fils d'Hemaut de Beaulande, frère de Renier de Gennes, de Milon de Fouille et de Girart de Vienne. Ceux-ci étaient tous fils de Garin de Montglane. (v*) Garin vivait du temps de Pépin et de Doon de Mayence, qui eut douze fils, parmi lesquels étaient « Ogier, Guennes, Thiery d'Ardanne. »
Après cette énumération, notre auteur en vient à parler du désastre de Roncevaux, mais il ne veut pas s'étendre sur cet événement, car il c est escript autre part piteusement..... Trop grox seroit le livre qui pourroit toutes les adventures du temps Charlemagne conter, ne plus moings comme de la Table Ronde, du Saint Gran, d'Artur, de Lancellot, de Perceval, de Tristan, de Gabaad et de Gauvain, dont il est plusieurs volumes, pour tant que tous ne pevent estre en ung. » On a fait aussi, continue-t-il, plusieurs livres sur Chariemagne, mais ils sont, dispersés en diverses mains, et il serait impossible à un seul homme de les réunir. Aussi se bornera-t-il à raconter la conquête de la noble cité de Nar« bonne. Elle eut lieu au retour d'Espagne, après la défaite de Roncevaux, où Charlemagne perdit Roland, Olivier, Yvon, Yvoire, Angelier et tant de nobles hommes, morts par la trahison de c Guennes de Haultefueille. >
(Fol. a r^ Charlemagne arrive devant Narbonne; il s'in« forme quelle est cette ville, t .1. chevalier nommé Guinemer ', lequel avoit autrefoiz travercé par la et bien savoit le pats, 9 répond à l'empereur, et l'engage en même temps à passer son chemin au plus vite avec ses troupes, (v*) Charlemagne, affligé d'un semblable conseil, se prend à regretter