I. Et non pu Naime, comme dans le poème original
CCLIV INTROODCnON
amèrement Roland et ses compagnons. Il jure de ne pas partir avant d'avoir pris la ville. Ce serment jette ses chevaliers dans une profonde tristesse; tous sont pressés de rentrer dans leur pays, et aucun d'entre eux n'ose se proposer pour recevoir l'investiture de Narbonne. (Fol. 3 r^ Cette abstention fait déplorer encore davantage à l'empereur la perte de Roland. Il jure de nouveau de prendre Narbonne et d'y fixer son séjour ; puis il offre cette cité à Girart de Vienne. Celui-ci refuse, ainsi que les autres chevaliers auxquels il s*adresse ensuite. (v«) Charlemagne, indigné de cec abandon, jure pour la troisième fois que s'il ne trouve à qui bailler la ville, il s'y établira lui-même et y bfttira un palais, « pour faire droit et raison a ceulx qui de lui auroieat a besongnier. t Une nouvelle proposition qu'il fait à Hernaut de Beaulande n'a pas plus de succès. Mais Hemaut a un fils, Aymeri, qui pourra se charger de Narbonne à sa piace '. (Fol. 4 r«) Il va donc le chercher et l'amène devant l'empereur qui lui ofiOre la ville, et le requiert de lui en faire aussitôt hommage* Aymeri y consent, (v*) et accomplit ce devoir féodal en présence de son père. Charlemagne ordonne alors à ses chevaliers de s'armer, de dresser leurs tentes sous Narbonne et d'engager un tournoi. Mais ceux<i sont las de combattre et n'obéissent qu'à regret. Les Sarrasins les aperçoivent du haut de leurs remparts et reconnaissent l'armée de l'empereur.
(Fol. 5 r») Il y avait en ce moment quatre rois païens nommés < Abel, Balaam, Rodouan et Esclamart >, qui régnaient à Narbonne, et tenaient pour le vieux roi Desramé le Grand tout le pays depuis la mer jusqu'au Rhône. Ces rois, en voyant leur ville menacée, tiennent conseil. Rodouan propose d'envoyer deux d'entre eux à Cordres pour réclamer le secours de Desramé, tandis que les deux autres
I. L'original est ici fort abrégé; la superbe apostrophe de Charlemagne à ses chevaliers fait entièrement défaut.
LES TnSIOliS IN PROSE GGLT
rflsttrofrt pour garder la TiUe. (v^ Ce conseil est adopté, et Toa envoie Esclamart et Abel à Cordres.
« Comment AyvMty de Bêoulande conquist la cité de Nerhcnne par assaulty à l'aidé des jeunes chevalliers de France et d'Alemaigne '. >
Charlemagne âiit dresser une quintaine; (fol. 6 r^ mais Aymeri refuse de jouter, et rassemble en secret un millier de chevaliers pour donner l'assaut à la ville. Rodouan, le plus flgé des rois sarrasins, fait une sortie contre eux à la tète de ses troupes; il est tué par Ajrmeri ; ses hommes sont mis en déroute et forcés de rentrer dans la cité (v«) dont ils referment les portes derrière eux. Aymeri fait aussitôt ap« porter des échelles pour donner l'assaut. Les Sarrasins se préparent à la défense, et font c chauffer de Teaue, bouillir des huilles >, pour en jeter sur les assaillants. Esclamart harangue ses soldats; il leur promet le secours de l'amiral de Cordres, et ranime ainsi leur courage. Tous opposent une résistance énergique aux chrétiens, qui font de vains efforts pour triompher de leurs adversaires, et se sentent un peu découragés. (Fol. 7 r®) Aymeri fait recommencer Tas* saut de plus belle ; cette nouvelle tentative est encore fatale à ses compagnons. Alors il s'aperçoit que, tandis que les Sarrasins concentrent tous leurs efforts du côté de l'attaque, le château et le rempart voisin sont complètement dégarnis, Il s'y porte avec deux écuyers, puis, à l'aide d'une échelle, il escalade le mur suivi de quelques hommes, et ne rencon-* trant aucune résistance, il plante son étendard pour attirer l'attention du dehors.
Hemaut de Beaulande le remarque le premier, et tremble en voyant son fils exposé seul avec une dizaine de com* battants aux coups de l'ennemi, (v*) Il quitte le tournoi sur le champ, va trouver son frère Girart, ainsi que Milon de Fouille qui était alors près de l'empereur, et réclame leur