‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 208 sur 235 · CCCIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCCIV INTRODUCTION

cupons est calqué sur un original français ; les vers de cet original se laissent ordinairement deviner et restituer sans peine sous la forme bizarre et grossière qu'ils ont revêtue ^ Enfin, ce qui est un argument plus décisif encore, le petit vers de six syllabes, d'un usage si fréquent dans les chansons de la geste de Guillaume, paraît à la fin de quelques-unes des laisses ^. Cest là une trace très évidente d'un poème que le jongleur italien a eu pour modèle '• Nous rappelerons aussi que dans la Vie de saint Honorât les murs de Narbonne s*écroulent par une intervention divine, absolument comme dans le ms. de Venise^. Cette coïncidence mérite d'être prise en considération; les données identiques du récit dans les deux textes doivent se rattacher à une source commune, qui était nécessairement française. Nous pensons donc, avec M. G. Paris ^, quMl a existé une tradition consacrant cette

I. Par exemple, les deux premiers vers que nous avons d^à cités (v. 3847-8) peuvent se rétablir de la manière suivante :

Charles chevauche, a la barbe floric, Regarde a destre, s'ot Nerbone choisie.

Ce travail de restitution est assez facile dans les laisses où remploi des formes iuliennes n*a pas amené trop de changements dans les rimes.

3. On en trouve huit exemples (v. 3927, 3939, 4o3i. 4067, 41 II, 4339, 4363, 4384), et cela» dans les passages mêmes où le texte s'éloigne le plus de notre chanson d'Âymeri.

3. Telle est aussi l'opinion soutenue par M. L. Gautier, Ép. françaises, 2* édit., t. IV, p. 140.

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