‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 21 sur 235 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Fol. 77 i^ col. III. Commencement du Département des enfants d'Aymeri (environ 5oo vers) *, con-

1. Ce morceau, qui se trouve également, ainsi que nous allons le voir, dans le ms. fr. 24369 de la Bibl. nat., correspond au passage compris du fol. 66 r* col. 1 au fol. 68 v* col H dans le ms. ao .B. XIX. Il semble faire corps avec la chanson d*Aymeri, et lui sert en quelque sorte d'appendice. On y remarque trois tirades (une au commencement et deux à la fin), qui manquent au texte complet. Elles sont probablement Tceuvre d*un compilateur ou d'un copiste de manuscrit qui a composé la première pour faire la transition entre le poème d'Aymeri et le fragment en question, et pour annoncer celui-ci dans une espèce de sommaire :

En son paies fu Aymeri le frans.

N'estoit pas viealz, mes chenu fo et blans.

11 en apele la conteMC vaillant, Puis li dist : t Dame, ne vous serai celans, ■ Il nous couvient partir de nos eufans.

> Si m'ait Diez, que je en soi dolans.

« Miex les aiûasse ci endroit demourans, a Mes avoec nous perderoient leur tans.

• Si vient trop miex que chescun soit servans

• Roy, conte ou duc qui a euls soit donnans « Tant que chescun soit riches et manans.

« Je ne di mie Guibers en soit alans :

« Ce est le mendre et le mains soufisans, t Cestui doit estre a nostre avoir partans.

— En non Dieu, sire, • dist la dame sachans, « S'ainssi le faites, com estes devisans, t G« medout trop n'en sciez repentana, t Avant que past l'année. »

(Ms. ao. D. XI. fol. 77 r» col. III; ms. 24369, fol. 27 r* col. L) Les deux dernières tirades ont pour objet de préparer les Enfances Guillaume qui viennent immédiatement après dans les mss. 20 .D. XI et 24369. L'auteur, en eÉFet, semble avoir voulu y concentrer tout riniérôt sur Guillaume et faire l'annonce de ses futurs exploits :

Aymeri fu tout droit en son estant,

Guillaume esgarde par mouh fier manulant :

« Biau fili, j dist il, « pour quoi m'alcz moquant ?

MAW)8atlTS XXXI

fonne au texte donné par les mss. so .B. XIX et Harl. iSsi.

Fol. 79 i^ ooU I. Enfances Guillauim et deuxième rédaction du Département des enfants d'Aymeri '.

— Pere, » diit il, t ge n'en ti nal uUnt, a Qaar il ii*iffiert, ne n'est apartenant.

■ Mais une chose lacfaist, paiit et grant,

• Qne sll plest Dka que poisse Jim tant

■ Qu'adoubé fusse de banberc jaxaraot,

• L'csca an col, el pofaig respié treocbant,

• Et bien montez sus bon destrier courant, « Tant conquerrai sus la gent mcscreant,

« Parlé en iert.m. ans ça en avant.

« Trop sont mes Creres esbnhiz et taisant, « Mes s'il me renient servir a mon talent, « Cbescnn d'aulx Tenll litre riche et manant. » Dist Aymeri : • Or oj plait aTsnant.

« Cist est mon filz qui ainssi tu parlant, a Or l'ai plus cbier assez c'onc n'oi devant, • Quar il sera prcodoroe. •

(Mt. ao .D. XI, fol. 79 V col. I; nu. 14369, fol. 19 y col. U — 3or-col. 1.)

1 . Cette seconde rédaction, qui est auMÎ contenue dans le ms. fr. 24369 de la Bibl. nat., noua paraît dériver de Tautre. Le fond a de grandes analogies, bien que les incidents soient fort dénaturés et présenta dans un ordre différent. (Voy. Tanalyse dans les Ép.franç.f 2* éd«, t. IV, p. 3i3-3i5). 11 est du moins ceruin que la dernière partie, celle qui forme U transition entre le poème et la chanson du Siège de Narbomu, n'est qu'un remaniement de la partie correspondante de la première version du Département. Comme dans celle-ci, on voit un espion sarraxin se rendre auprès de Desramé pour le préyenir de l'abandon où se trouve Narbonne, après le départ des fils d' Aymeri, et le monarque, i cette nouvelle, rassembler une armée pour faire le siège de la ville. La comparaison des deux textes met leur affinité hors de doute. U nous suffira d*en citer quelques veis en regard les u^s des autres :

Premier Départewunt, Car il i fu li fors rois Desramés,

XXXll INTRODUCTION

Fol. 92 v^ col. II. Siège de Narbanne.

Fol. io3 V* col. III. Couronnement Looys.

Fol. 1 12 v<> col. III. Charroi de Nîmes.

Fol. 118 r^col. I. Prise d'Orange.

Fol. 1 24 V® col. I. Enfances Vivien.

Fol. i34v^col. III. Covenant Vivien.

Fol. 140 V** col. III. Aliscans.

Fol. 166 t^ col. II. Bataille Loquifer.

Fol. 1941^ col. I. Moniage Guillaume.

Fol. 2 16 r^ col. I. Siige de Barbastre.

Fol. 240 r^ col. III. Guibert d*Andrenas.

Fol. 247 v« col. III. Mort d'Aymeri deNarbonne. Fol. 261 I* col. I à 3i7 v^ col. II. Fouque de Candie ^

Et Bafumex qai molt fist a loer.

Ci furent cil don olstes parler, Qoi de Nerbone .j. toir, a rayesprer, S'an eachaperent por lor vies talver, Qant Aymerit dut ta feme etpoter.

(Mt. 20. B. XIX.)

Deuxième Département.

Si furent oeult, ne le rout quier celer, Qui t'en fouirent pour leur viet tauyer.

Quant Aymeri fist le tiege lever Devant Nerbooe, ou il ot maint Etcler.

(Mt. 34369, fol. 54 V* col. I.)

On voit que les ezprettiont ont entre elles beaucoup de similitude, et que ces deux pasuges ont un étroit rapport l'un avec Tautre. — L41 première rédaction offre seule un vers de six syllabes i la fin de chaque tirade.

I. Girart de Vienne et Fouque de Candie sont divisés en trois parties, le Charroi de Nîmes en deux, ainsi que la Bataille Loquifer. Chacune de ces parties est précédée d'une miniature et d*une rubrique spéciale.

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