‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 22 sur 235 · MANUSC1UTS XXXIII · texte numérisé non relu

MANUSC1UTS XXXIII

4* Bibl. nat., fr. 24369 (anc. La Vallièrc aî). — La première mention de ce manuscrit est due à Van Praet, dans le Catalogue des livres de la bibliothèque de feu le duc de la Vallière (1783) K II se compose de deux tomes in-fol., sur parchemin, écrits sur deux colonnes. Omme le manuscrit précédent, il remonte au xiv* siècle, et il o£fre avec lui beaucoup de ressemblance, tout en étant bien inférieur au point de vue de l'exécution. La chanson d'Aymeri dt Nar- ^onne occupe les 26 premiers feuillets dut. I (fol. 1 r® col. I à 27 r® col. I). Elle est précédée d'une miniature représentant Charlemagne devant les portes de Narbonne, suivi de ses preux et monté sur un cheval richement caparaçonné et couvert d*une housse bleue semée de fleurs de lis. Puis vient le commencement du Département des enfants d^Aymeri (495 vers, du fol. 27 t^ col. I au fol. 3o r* col. I). Nous avons déjà rencontré ce fragment dans lems. 20 .D. XI, où il tient absolument la même place ^ A la

1. 11 est décrit tout le n* 2735 (i" partie, t. Il, p. 22?). ^ Voy. autti L. Gautier, Êp.franç,^ 2* éd., t. IV, p. 22.

2. Ce morceau a été publié en partie, avec attez peu de correc* tion du rette, d*aprèt le mt. 24369, dant V Histoire du Languedoc de D. Vaittète, éd. du Mège, t. III, addit. et notes du livre XV, p. 82*85. « M. L. Gautier Ta prit pour une continuation à^Ay» meri de Narbonne. Le manuscrit La Vallière lui a paru donner « un récit plus développé », une version particulière, dont la fin n*est pas la même que dans Tautre ms. de la Bibl. nat. (Ép. franc,» 2* éd., t. IV, p. 23i). Mais cette fin, ainsi que nous Tavons démontré, n'appartient pas à la chanson d'Ayroeri et a une existence tout à fait indépendante. M. Ward a bien reconnu aussi son véritable caractère (Catalogue, 1. 1, p. 637).

XZXIV INTRODUCTION

suite se trouvent les Enfances Guillaume et la deuxième rédaction du jD^p^r/emen^ qu^offre aussi lenis. 20 .D. XI; \t Siège de Narbonne; le Couronnement Looys; le Charroi de Nîmes; la Prise d'* Orange; les Enfances Vivien ; le Siige de Barbastre ; Guibert d'Andrenas; le Copenant Vivien; Aliscans; la Ba-^ taille Loquifer. Le t. II (coté aujourd'hui 24370) comprend la suite de la Bataille Loquifer; le Afoniage Renoart; la Mort d^Aymeri de Narbonne; Renier; le Moniage Guillaume.

Le ms. 24369 a, comme on voit, de grands rapports avec le ms. 20. D. XL La plupart des chansons qui leur sont communes se suivent dans le même ordre, et les textes de plusieurs d'entre elles ont de pan et d'autre une complète identité. Il en est ainsi particulièrement pour Aymeri de Narbonne^ pour le premier fragment du Département ^, pour les £«fances Guillaume et la seconde rédaction du Département qui se rattache à ce dernier poème, enfin, pour les Enfances Vivien *. De plus les miniatures qui précèdent Aymeri de Narbonne dans les deux manuscrits ont tant de similitude qu'elles sont sûrement

1 . Ce fragment présente dans les deux mts. le même nombre de tirades, y compris celles qui sont ajoutées au commencement et à la fin, pour le rattacher à la chanson d' Aymeri et aux Enfances Guillaume* Voy. ci-dessus.

2. Cf. Ward, Catalogue, 1. 1, p. 643. — Pour la chanson de Fouque de Candie, qui ne se trouve pas dans le ms. 24369, M. Meyer a constaté que le texte du ms. 20. D. XI est identique à celui du ms. fr. 778 de la Bibl. nat. (Arch» des Miss, scienti/., t. ilf, !• série (1866;, p. 252.) Ce ms. est aussi du xiv' siècle.

MANUSCRITS IXXT

imitées d'un même modèle. Ces analogies si frappantesont £ait croire à M. H. Suchier que le copiste du ms. 34369 avait eu Tautre ms. sous les yeux ^ Nous ne pensons pas que cette supposition puisse être admise. Nous reconnaissons plutôt à ces manuscrits une source commune, et contrairement à l'opinion de nos devanciers *, nous estimons que le plus récent des deux est le ms. 20 .D. XI. En effet, les armures en plaques de fer y sont plus fréquemment représentées dans les miniatures, et les chevaux mêmes en sont revêtus; le bassinet à visière mobile munie d'une bosse conique y paraît à chaque instant, tandis que le ms. 24)69 n'en offre pas encore d'exemple. Celui-ci nous montre les chevaliers armés de genouillères et de grèves, telles qu'on les portait au commencement du xrv^ siècle, et vêtus à la mode de cette époque; l'autre, au contraire, nous donne Tétat du costume militaire, tel qu'il a été constitué vers 1340. Nous le jugeons donc postérieur au précédent de quelques années.

5^ Bibl. nat., fr. 1448. — Ce manuscrit, bien connu et fréquemment cité par les érudits qui se sont occupés de la geste de Guillaume d'Orange ', faisait déjà partie de la Bibliothèque royale en 1682, et portait le n^ ySSS dans le catalogue dressé à cette

Page 1