Espagne
La légende d* Aymeri de Narbonne n^a pas eu, i beaucoup près, autant de succès en Espagne qu^en Italie. Toutefois, certains indices nous permettent de supposer que le nom du héros français a dû être assez populaire au-delà des Pyrénées. Dans le poème de Rodrigue, qui, suivant M. Milâ y Fontanals ^, remonte sous sa forme actuelle à la fin du xm« siècle ou au commencement de xiv^, on voit un fils du comte Feman Gonzalez épouser la fille « d'Almerique de Narbona » :
Avia el conde un fijo (que) Garci-Fernandes fué llamado
Con fija de Almerique de Narbona (el conde) Garcî-Fernandes
[filé casado '•
i.L. 1, ch. i| éd., p. 5.
2, De la poesia heràico-popular casteUana, p. 254.
». Ibid., p. 194.
CCCXVHf INTRODUCTION
Le même poème fait figurer ailleurs Almerique, parmi les seigneurs qui prennent part aux exploits du roi F^dinand :
A pessar de Romanos dentro en Paris entra, Con gentes honrradas que de Espana sac6 :
£1 conde don Ossoryo, el amo quel' cri6,
Âlmerique de Narbona quel' disen don Quîron '.
M. Milâ y Fontanals pense que ce personnage est purement imaginaire, et qu'il ne peut être identifié avec le père de Guillaume d'Orange. En effet, il ne paraît avoir de commun avec lui que le nom, mais ce nom doit provenir de l'épopée française ^.
Deux anciennes romances espagnoles ont conservé aussi le souvenir d'Aymeri de Narbonne. La première nous représente le comte Benalmenique vaincu par les Sarrasins qui sont venus assiéger cette ville, et emmené prisonnier, malgré les efforts de la comtesse, sa femme, pour obtenir sa délivrance. ^ Cette poésie