‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 232 sur 235 · I. Musée dis familles, t. X, p · texte numérisé non relu

I. Musée dis familles, t. X, p

a. M. Jubinal 8*est sûrement servi de ce manuscrit, car U reproduit certaines Ttriantes qui lui sont particulières. U le suit paiement pour la forme des noms propres; c'est ainsi que, d'accord avec lui, il donne le nom de Ricker au duc de Normandie que tous les autres appellent Richart (v. 358). n convient d'observer aussi qu'il a pris d'assez grandes libertés avec son modèle, en lui ajouunt quelques traits, et surtout en l'abr^eant d'une façon notable.

LA UTTéRATUM CONTEMPORAINE CCCXXXI

toyé ses flèches et sa corne de bceuf. Les ossements des héros qui ne sont plus blanchissent déjà pour l'éternité '. Le destrier de Charles, qui lui vient de Syrie, est triste luimême, et fait chair marrie {sic) ' ; Charlemagne pleure, mais ce n'est pas seulement d'avoir perdu sa bataille, sa pairie et son neveu, c'est de penser que sa défaite sera racontée après lui pendant quatre cents ans et plus *•

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie, Revient d'Espagne ; il a le cœur triste, il s'écrie : « Roncevauxl Roncevauxl 6 traître GanelonI »

Car son neveu Roland est mort dans ce vallon Avec les douze pairs et toute son armée.

Le laboureur des monts qui vit sous la ramée Est rentré chez lui, grave et calme, avec son chien. Il a baisé sa femme au front et dit : « C'est bien. » Il a lavé sa trompe et son arc aux fontaines; Et les os des héros blanchissent dans les plaines.

Le bon roi Charle est plein de douleur et d^ennui ;

Son cheval syrien est triste comme lui.

Il pleure ; l'empereur pleure de la souffrance

D'avoir perdu ses preux, ses douze pairs de France,

Ses meilleurs chevaliers qui n'étaient jamais las.

Et son neveu Roland, et la bataille, hélas 1

Et surtout de songer, lui, vainqueur des Espagnes,

Qu'on fera des chansons dans toutes ces montagnes .

Sur ces guerriers tombés devant des paysans.

Et qu'on en parlera plus de quatre cents ans!

1. On reconntft ici une réminiscence du fameux chant d'Altabiscar qui eut tant de succès sous le règne du romantisme.

a. Contre-sens. Dans la chanson, c'est Charlemagne, et non sa monture, qui fait chiere molt marrie (v. i3i).

3. La chanson ne prête nullement cette appréhension à Charlemagne ; il se vante au contraire de tirer de Ganelon une vengeance dont on parlera encore au bout de quatre cents ans (v. 148-9).

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