AUTEUR DU POÈME LXXXVU
le seul trait véridique de son récit. Mais quel pouvait être le haut personnage auquel il fait allusion ? Nous n'avons aucun document qui nous permette de résoudre ce problème, et nous en sommes réduit aux conjectures. A 1 époque où vivait Bertrand, le comté de Bar-sur- Aube était réuni au comté de Champagne. Cette provmce était alors gouvernée par Thibaut IV le Chansonnier, qui naquit en 1 20 1 , peu de jours après la mort de son père, et atteignit sa majorité en 1 222, après avoir régné d'abord sous la tutelle de sa mère Blanche de Navarre. 11 mourut en 1 253, et fut par conséquent tout à fait contemporain de Bertrand. Peut-être a-t-il, en sa qualité de poète, encouragé et protégé Tauteur à!Apneri de Narbotme; peut-être est-il le grand seigneur que celui-ci vint servir à Barsur- Aube ^ Cette hypothèse n*est point inadmissible, mais à défaut de preuves plus certaines, nous ne la donnons qu'avec une entière réserve.
Un savant anonyme du xvii^ siècle, qui a joint au manuscrit de Carpentras une notice assez curieuse ',
I. Gnetse prétend que Bertrand yécut d'abord à Paris et vint terminer à Bar-tur-Aube son poème de Girart de Vienne. (Diê grotsen Sagtnkrêise des MHUlalUrs, p. 345.) Mais cette aaser* tîon n*a ta source que dans un rapprochement fort peu satisfaisant proposé par M. Pr. Michel (Roman de la Violette^ p. uni, note) entre Bertrand, le « gentil clerc » de Bar-sur-Aube, et un certain « Magister Bertrandus clerc », curé de Saint Jacques de la Boucherie à Paris, en i3o8, cité par D. Marner (Hi$t. de Saint Martin des Champs, p. 447). 11 est bien évident que ces deux personnages n*ont pas entre eux le moindre rapport.
a. Nous en devons une copie à l'obligeance de M. Barrés, bibliothécaire de la ville de Carpentras. — L'érudit inconnu, à qui est