LXXXVI INTRODUCTION
Ces vers ont beaucoup d'analc^ie avec ceux de Girart de Vienne, que nous avons cités précédemment. Bertrand, par une étrange fantaisie, s'est mêlé aux héros et aux événements qui font Tobjet du poème. Cette esquisse biographique qu^il nous donne ici est purement imaginaire. On doit le croire toutefois, lorsqu'il se représente comme étant à Bar-sur-Aube, au service d'un « grant homme ». C'est là sans nul doute
texte, d*aprèt M. L. Gautier {Épop. franç.^ 30 édit., t. I, p. 2o3- 206) :
A Bar «ur Aube, desut une colonbe,
Se sist Bertren desoz un pin, en l'ombre,
Si com la geste le devise et raconte.
Un coutel tint dont paroit ont pome ;
Lors li remeobre de Buevon de Hanstonne
Et de sa mie Josiene la blonde
Et dou destrier Arondel d'Arragonne...
Vilains juglieres ne vus en set respondre.
(Vat., Reg. i633,f* i<) r°.)
A Bar sur Aube, en droite ore de none, Astoit Bertrans k'cstoit belle personne, Et se porpense de maint gentil prondome.
Tant qu'il li menbre de Buevon de Hanstonne, De Josianne qui est en grant essoine, Et d'Arondel, un destrier d'Arragonne.
(Bibl. S. Marc, mss. fr. n* XIV.)
Le premier de ces manuscrits porte la date de i3o4; Tautre, suivant M. Gautier, a dû être écrit de 1220 a i23o. Us sont, comme on voit, moins complets que celui de Carpentras, et paraissent être notablement altérés, le second surtout. On remarquera qu'ils omeu tent les détails relatifs aux prétendues relations de notre jongleur avec le duc Gui d'Hantone. — La rédaction de Beu¥e dCHan^ tone, contenue dans le ms. fr. 235 16 de la Bibl. nat. (réd. A de M. Meyer, Daurel et Béton, Introd., p. xxi), ne fait point mention de Bertrand de Bar-sur- Aube.