‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 7 sur 235 · II. — ANALYSE DU POÈME · texte numérisé non relu

II. — ANALYSE DU POÈME

Dans une sorte de prologue d^une extrême platitude, l'auteur recommande son œuvre et fait Téloge de son héros, le preux comte Aymeri de Narbonne (I-III). Puis, après avoir résumé en quelques vers Thistoire de la guerre d^Espagne et du désastre de Roncevaux, il entre enfin en matière.

Le début du poème nous fait assister au retour de cette fatale expédition. Charlemagne, accablé de chagrin, chevauche tristement derrière son armée, et ne cesse de pleurer la mort d'Olivier, de Roland et de ses autres pairs, victimes de Todieuse félonie du traître Ganelon (IV). Tout k coup, en descendant d'une colline, il aperçoit au milieu d'un site ravissant, une ville splendide, admirable, solidement fortifiée et offrant toutes les apparences d'une merveilleuse richesse. <i Quelle est cette ville? » dit Tempereur au duc Naime de Bavière, son fidèle conseiller. « Celui qui la tient peut se vanter quMl n'y a pas sa pareille au monde. Je veux la conquérir, avant de m'en aller en France, et, sachez-le bien, ceux qui voudront s'en retourner devront passer par ses portes (V). — Sire, » répond Naime, « vous êtes plein de folie. Cette place a vingt mille Turcs pour la défendre, et tous nos hommes sont si épuisés de fatigue que trois d'entre eux ne valent pas une femme. Laissez cette

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