‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 8 sur 235 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

cité en repos ; vous ne parviendrez jamais à Tavoir. Elle s'appelle Narbonne : il n'y a pas sur terre d'aussi puissante forteresse, et toute la chrétienté réunie ne pourrait la prendre. »

Giarlemagne, malgré ces sages avis, persiste dans sa résolution (VI- VII). Il offre successivement la ville à chacun de ses guerriers, à Naime d abord (VIII), puis à Dreux de Montdidier (IX-X), à Richard de Normandie (XI), à Hoel de Cotentin (XII), à Girart de Roussillon (XIII), à Eudes de Bourgogne (XIV), à Ogier le Danois (XV), à Salomon (XVI), à Gondebœuf l'Allemand (XVII), au duc Naime une seconde fois (XVIII), enfin, à Anséïs de Carthage (XIX), à Doon de Vaucler, à Girart de Vienne (XX) et à Hernautde Beaulandc (XXI). Mais tous sont si las et si découragés^ qu*ils refusent d'accepter les propositions de l'empereur, et ils n'aspirent qu'à regagner au plus tôt leurs domaines. Charles, en se voyant ainsi abandonné, entre dans un grand courroux : «Ah ! » s'écrie- t-il, c les choses ne se passeraient pas ainsi, si Roland vivait encore! Seigneurs barons, vous qui m'avez servi, allez- vous-en dans vos terres! Je ne veux pas vous retenir, mais moi, je resterai ici, et si l'on vous demande en France où est Charlemagne, vous répondrez que vous l'avez laissé seul au siège de Narbonne (XXII-XXIII). »

Hemaut de Beaulande est profondément ému du chagrin de l'empereur : « Si je n'étais pas si vieux, » dit-il, « j'aurais accepté Narbonne sans la moindre hésitation ; mais mon fils Aymeri est jeune et coura-

ATMESI DE NARBONNB II

geux, et il a été récemment armé chevalier; il pourra prendre en garde ce pays et le défendre contre les païens (XXIV) . » Aymeri^ interrogé par son père, ne de* mande qu*à s'emparer de la ville et à mettre en pièces tous les Sarrasins (XXV). Il s'avance fièrement devant Charlemagne, au milieu des chevaliers saisis d'étonnement, et lui réclame Narbonne : « Gentil empereur, donnez-moi cette ville, que refusent les princes et les barons, tant ils redoutent la gent païenne. — Aymeri, • répond le monarque, c tu as un grand courage, mais tu n'as guère de biens. Il faut beaucoup d'or et d'ai^ent, pour gouverner une cité si importante — Sire, n'y a-t-il pas au ciel un Dieu tout puissant? Je crois en lui et j*espère en son secours. Si les païens ont des richesses, nous en aurons, par ma foi (XXVI-XXVII) ! » Charles est rempli de joie en entendant ce discours; c'est la première consolation qu'il éprouve depuis la mort de Roland. En signe de réjouissance, il propose de donner un tournoi et fait dresser une quintaine sous les murs de Narbonne. Aymeri est invité à y porter les premiers coups, mais il a d'autres intentions : après avoir réuni cinq cents jeunes chevaliers de ses amis et de ses parents, il va se mettre avec eux en embuscade pour surprendre les Sarrasins, dans le cas où ils voudraient faire une sortie. Ceux-ci, en effet, en voyant les Français si près de leurs murs, se disposent à les assaillir; Aymeri et ses compagnons fondent sur eux à l'improviste, les contraignent à prendre la fuite et les poursuivent jusqu'aux ponesde la ville (XXVIII-XXIX).

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