‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 72 sur 235 · LANGUE DU POÈME CI · texte numérisé non relu

LANGUE DU POÈME CI

et OÙ, par conséquent, elle ne peut être attribuée à une erreur de copiste.

Ainsi on trouve VamirantdM sujet dans les v. 35o5, 358 1, 3585, à côté de la forme régulière H amirani, qui est donnée par les v. 3539, 3641, 4039, etc.

De même, on rencontre à la fois au sujet rost (v. 3593) et H o\ (v. 3 106); l'un (v. 4142) et H uns (v. 4256).

Pour certains mots, au contraire, dont le régime, contrairement à la règle générale, a fini par être supplanté dans la langue moderne par la forme du sujet, on voit déjà notre texte donner souvent la préférence à cette dernière forme. Par exemple, à côté du cas régime seror qui est employé plusieurs fois (v. 1776, i883, 25o3, 4433), on trouve plus souvent encore aux cas obliques la forme nominative suer (v. 1675, 221 3, 2356, 2368, 2388, 241 1).

Traître est aussi mis une fois au régime pour traîior (v. i853) *. C'est là un fait intéressant à constater, car il témoigne d^une tendance qui s'est développée depuis dans le français moderne, où la forme traître Ta emporté.

La flexion des verbes dans Aymeri n*a rien de particulièrement intéressant. Remarquons seulement aux secondes personnes du pluriel des futurs l'emploi simultané de la forme étymol<^ique of 7 et de la forme

I. La forme her est employée une fois à U rime pour le régime singulier baron {v. SSo); on la trouve également à U rime pour le sujet pluriel (v. %\\o).

cil INTRODUCTION

analogique eç, par ex., vmdroi\ (v. 617, 1280), et vendre^ (v. 3337); vodroi:^ (v. 733, 734, 2091), et vodre:{ (v. 1422). La première de ces formes est d'un usage fréquent et se rencontre même à la seconde personne du pluriel de certains subjonctifs présents : vendoi:{ (v. 2139), dioi:{ (v. 23o3).

Les participes passés des verbes en ter ont parfois au féminin la finale te au lieu de iée : traveillie (v. 128), commencie (v. 1736). Cette assimilation A'iée à ie s^est produite d'abord, comme on sait, dans la France septentrionale, à une époque peu ancienne >• La finale iée, d'ailleurs, est plus souvent usitée que Tautre dans notre poème : brisiée (v. 1823, 1854, 4462), desmailliée (v. i858), etc.

La troisième personne du singulier du prétérit des verbes de la deuxième conjugaison présente dans deux cas la terminaison archaïque ié, mais seulement à la fin des vers : descendié (v. 2990), respondié{y. 3oo6) K

Vestir fait à la fois au participe passé rw/i (v. 122, 370, 4118), etre^/w (v. 411, 1571, 1622, i8o3). On trouve de même fervesti aussi bien que fervestu. (Voy. le vocabulaire.)

Nous signalerons enfin quelques formes tout à fait anomales qui constituent de véritables incorrections. Ainsi, à l'imparfait du subjonctif du verbe estre, à côté des formes régulières fust et fussent, on rencon-

1. Voy. l'introd. de Raoul de Cambrai^ éd. de la Soc. des anc. textes, p. Lxxv.

2. Au sujet de cette forme, cf. Romania, t. IV, p. 122, t. X, p. 216, 217.

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