‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 73 sur 235 · LANGUE DU POÈME OU · texte numérisé non relu

LANGUE DU POÈME OU

txt feùst (▼. I io8) ttfeûssent (v. 4702); à la troisième personne du pluriel du conditionnel du verbe avoir ^ on trouve avriont pour aproient (v. 2621) >. Il est probable que feûst est une forme faite par analogie sur le modèle des imparfaits du subjonctif de certains verbes, tels que eûst, peùst. Avriont semble dû à rinfiuence de la troisième personne du futur pluriel oproni. Ce sont de ces violences que les trouvères se sont souvent permises à Tégard de la langue, pour satisfaire aux exigences de la versification.

Nous ne ferons qu^une seule observation au sujet de la syntaxe. On sait que dans Tancien français on pouvait à volonté laisser invariable le participe passé joint au verbe avoir, ou le faire accorder avec le régime ^ Lorsque le régime précédait le participe, raccord avait lien le plus habituellement, comme dans la langue moderne. L^auteur d'Aymeri s*est souvent affranchi de cette dernière règle, même après un relatif, lorsqu'elle le gênait pour la rime; ainsi il écrit :

Grant fu Tofrande que il li ont doné (v. 3599). Paien ont molt noz crestiens grevé (v. 4183).

(Voy. aussi les w. 3598, 4189, 4233, 4248, 4252, 4269, 4274, 4284, 4333, etc.)

1 . Au lieu de avriont, le mt. B met avroit ja, et le rat. C avront jai ; mais cet correctiont ne tont ptt admittiblet : le tent ne permet, en effet, ni le tingulier, ni le futur.

2. Diez, Grammaire des langues romanes^ trad. franc., t. III, p. 371 ; N. de Wailly. Langue et grammaire de Joinwille, dant Véd. de VHist. ae saint Louis (1874), p. 528.

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