‹ Aymeri de NarbonneChapitre 101 sur 244 · II. — Saint Maurand de Douai · texte numérisé non relu

II. — Saint Maurand de Douai

Nous trouvons encore dans Aymeri de Narbonne une autre allusion à un fait tout local, mais qui, cette fois, se rapporte au nord de la France. Dans l'énumération que donne notre poète des descendants de son héros, nous voyons figurer saint Maurand de Douai parmi les enfants de la troisième fille d'Aymeri, épouse d'un marquis d'Angleterre :

Et sains Morans fu li quiiiz, ce m'est vis.

Oi avez que molt fu Deu amis ;

A Doai gist li bons cors sainz de pris.

Cette dernière mention est très exacte : les reliques de saint Maurand, patron de Douai, ont été conservées en cette ville, dans Téglise collégiale de Saint Amé, et elles y sont restées jusqu'à la Révolution.

Saint Maurand, ou mieux saint Mauront (Maurontiis), chancelier du roi Thierry III et fondateur du monastère de Bruel, mort à Marchiennes en 702, était fils d'Adalbaud, Franc de race noble, et de sainte

la i^e éd., t. I, preuves, noLXI, col. 80, et n" LXXXI, col. 104. Cf. p. 479 et 556. — On a vu dans le document présenté au concile d'Arles par le vicomte Bérenger que Gharlemagne passait pour

avoir fait différentes donations à l'église Saint Juste : « eam

inclite castellis et villis, terrisque locarat et vineis,... ut legitur in regalibus cjusdem ecclesiœ prœcepiis. » Il doit y avoir eu confusion ici entre Gharlemagne et Charles le Chauve.

LA GEOGRAPHIE DANS AYMERI DE NARBONNE CLX l

Rictrude, fille d'Arnoud, seigneur gascon K Nous ignorons pour quel motif nous le voyons ici rattaché à la geste d'Aymeri; nous ne saurions dire davantage si cette parenté fabuleuse est une pure invention de notre trouvère, ou bien s'il la doit à une tradition antérieure.

La géographie dans la chanson d'Aymeri de Narbonne est en général exacte et précise. Nous avons déjà dit que Bertrand de Bar-sur-Aube devait avoir beaucoup voyagé ^, On ne saurait s'expliquer autre-

1 . Voy. AA.SS. BolL, Mai, t. II, p. 52 et suiv. Outre Maurand, sainte Rictrude eut trois fiUes{ibid., Mai, t. III, p. 82,83), tandis que l'auteur d'Aymeri donne quatre frères à saint Maurand. Adalbaud, mari de Rictrude, est aussi placé au nombre des saints (ibid., Février, t. I, p. 295). On voit que l'on peut appliquer à cette famille les expressions employées par notre poète au sujet de la lignée légendaire de Maurand :

Molt ot sainz cl lignaje.

D'après lui, le père de Maurand aurait élé un marquis d'Angleterre, qui fut saint, suivant la tradition du pays (v. 4648-51). Nous n'avons pu identifier ce personnage, qui ne paraît avoir aucun rapport avec Adalbaud.

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