Voy. ci-dessus, p. Lxxxr
CLXIl INTRODUCTION
ment la variété et l'étendue de ses connaissances topographiques.
Le midi de la France paraît lui être très familier. Ce fait n'a d'ailleurs rien de surprenant. On sait qu'au xiii^ siècle les chansons de geste françaises étaient fort répandues dans cette région et y jouissaient d'une grande vogue ^ Bertrand a pu, en sa qualité de jongleur, visiter la Provence et la Gascogne, pour y colporter ses œuvres, et c'est ainsi qu'il a dû acquérir les notions dont il fait preuve en maints endroits de ses poèmes ~. La description de Narbonne qu'il nous donne au commencement à^Aymeri est tout à fait conforme à la réalité, si l'on en retranche, bien entendu, les détails imaginés en vue du pittoresque. Ainsi il faut reléguer dans le domaine de la fantaisie la montagne sur laquelle la ville s'élève fièrement avec ses vingt tours « de liois cler » et son donjon surmonté d'un pommeau d'or. Mais l'auteur est plus véridique, lorsqu'il nous dépeint le port de la cité :