‹ Aymeri de NarbonneChapitre 108 sur 244 · ÉPISODE DES NOIX ET DES HANAPS BRÛLÉS CLXXIII · texte numérisé non relu

ÉPISODE DES NOIX ET DES HANAPS BRÛLÉS CLXXIII

Et cil vilain rameinent a planté

Muls et somiers qui sont de noiz trousé

Qu'il ont vendues tôt a lor volenté.

Les chevaliers en font un feu énorme qui menace d'embraser la ville. Les Lombards sont dans l'épouvante, et Boniface, vaincu par ce dernier exploit, est obligé de se soumettre aux exigences de ses dangereux hôtes. La paix se conclut donc; on leur accorde la main d'Hermengarde qu'ils sont venus demander pour Aymeri, et les voici dans le palais, en présence de la jeune fille, n'attendant plus que ses dernières recommandations avant leur départ :

El palais sont li prince et li marchis. Desfublé sont li mantel vair et gris; Soz aus les ploient, deseure sont assis; Entr'eus ensenblc ont molt joé et ris, Et avec eus la pucele au cler vis.

Mais rheure de la séparation arrive; ils s'apprêtent à quitter Pavie, et se retirent en abandonnant leurs manteaux :

Les bons mantiax lessierent tuit arrier, La ou il sistrcnt, qu'il nos dengncnt bnillier.

Hermengarde s'en étonne; elle appelle son sénéchal Garnier avec quelques valets, et les charge de rapporter aux barons les manteaux qu'ils ont ainsi laissés; ceux-ci refusent de les reprendre :

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