I.i empererc asez s'en rist
Et a ses genz en riant dist,
Si cum il parlout en grcgcis.
Que mult cstcit li dus curtcis;
Or fcist ço que il voklrcit,
Ja mais rien ne li vccreit.
Pur la noblece des Normanz
CLXXVIH INTRODUCTION
Qui de lur manteals firent banz, Fist Temperere el palais faire Banz e sièges envirun Taire ; Ainz cel tens a terre seeient Qui el palais seeir voleient.
(Éd. Andresen, v. Soôy-SiSz '.)
Ce récit offre, comme on voit, jusque dans les expressions, une grande analogie avec Aymeri de Narbonne. Il a été composé entre 1 162 et 1 175, une cinquantaine d'années, par conséquent, avant cette chanson. L'un et Tautre texte se rattachent sans nul doute à une source commune dont nous aurons plus loin à rechercher le caractère. Remarquons aussi que Wace ajoute un incident particulier qui manque dans Aymeri, et que nous retrouverons bientôt ailleurs : nous voulons parler des fers d'or que le duc de Normandie fait mettre aux quatre pieds de sa mule. Ce trait est fort ancien, et devait former avec l'histoire des manteaux et des noix brûlées l'un des éléments constitutifs de la légende primitive. Nous aurons occasion de revenir sur ce point; mais avant de remonter aux sources, nous devons dire quelques mots des chroniques qui ont rapporté d'après Wace les aventures de Robert 1 à Constantinople.
Nous rencontrons d'abord cet épisode dans l'une des rédactions de la Chronique de Normandie qui a été publiée au t. XI du Recueil des historiens de la
ï. Nous empruntons ce texte à M. G. Paris qui l'a donné d'après l'éd. de M. Andresen, en y introduisant quelques légères modifications (/^oman/ii, t. IX, p, 524-6).