Prise de Nobles
La prise de Nobles ^ a fait l'objet d'une chanson de geste qui n'est pas parvenue jusqu'à nous, mais qui nous est connue par de fréquentes allusions de notre vieille littérature épique. La Karlamagnîis Saga, dans sa première branche, nous a conservé un résumé de la légende, sous sa forme probablement la plus ancienne. D'après ce récit, Roland et Olivier sont envoyés par Charlemagne pour assiéger Nobles \ ils s'en emparent et mettent à mort le roi Fouré, malgré la défense expresse de l'empereur qui avait commandé de lui laisser la vie sauve. Irrité de cette désobéissance, le monarque frappe Roland de son gantelet sur le nez si violemment que le sang en jaillit ^,
La chanson de Roland mentionne aussi en deux endroits la conquête de Nobles (éd. Gautier, v. 198, 1 775) ; mais, à la différence de la Karlamagnùs Saga, Roland y est représenté comme ayant pris cette ville contre la volonté de Charlemagne :
« Ja prist il Noples seinz le vostre cumant, »
dit Ganelon à l'empereur, en lui rappelant l'orgueilleuse indépendance dont Roland a fait preuve à son égard ^.
1. Cette ville de Nobles paraît être purement légendaire; du moins, on n'a pu encore l'identifier d'une manière certaine. C'est à tort que l'un des continuateurs du faux Turpin l'a confondue avec Grenoble. Voy. L.Gautier, Chanson de Roland, i3*éd., p. 24, note.
2. L. Gautier, /. cit.; Ép. françaises, 2' éd., t. III, p. 418-9; G. Paris, Hist. poétique de Charlemagne, p. 263.