VIE DE SAINT HONORAT CCXIJII
E pregua sant Magonz que letra portara
Als ' santz, quell meteis Karlles de sa man escriura.
On a beaucoup discuté sur les sources auxquelles Raimon Féraut a puisé les éléments de son poème -. Il est bien démontré aujourd'hui qu'il s'est borné à mettre en vers provençaux une vie latine de saint Honorât, dont on a récemment découvert deux manuscrits à Dublin et à Oxford ^. Son rôle a été celui d'un simple traducteur, et ses plus grandes libertés ont consisté à introduire de temps à autre dans la narration quelques ornements poétiques, des amplifications purement oratoires, et des mentions de noms propres qui prouvent une assez grande connaissance de la littérature épique, et en particulier de la chronique du faux Turpin ^. A défaut de la vie originale que nous n'avons pu consulter, nous avons eu recours à une version catalane assez fidèlC;, qui nous a été conservée dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale (fonds esp. 1 28 ^), et nous avons étudié dans cette traduction le passage correspondant au morceau