‹ Aymeri de NarbonneChapitre 174 sur 244 · LES VERSIONS EN PROSE CCXLVII · texte numérisé non relu

LES VERSIONS EN PROSE CCXLVII

sur-Aube n'a nullement recours à ce dénoûment miraculeux; c'est un simple assaut, et non un écroulement spontané des murs de Narbonne, qui assure aux chrétiens la possession de cette ville. Faut-il admettre avec M. G. Paris ^ et M. P. Rajna ^que la variante présentée par la Vie de saint Honorât et par le Roland de Venise était déjà consacrée par une tradition antérieure? Nous examinerons plus loin la question en nous occupant de ce dernier texte, si précieux pour l'étude de la légende d'Aymeri.

Les chansons de geste, déjà à leur déclin dans le cours du xiv^ siècle, ne jouirent plus d'aucune vogue au siècle suivant. La forme un peu monotone des récits en vers avait cessé de plaire alors. « Plus est le langage plaisant prose que rime, » écrit un compilateur de romans de cette époque ^ ; « ce dient ceulx aux quieulx il plaist et qui ainsi le veulent avoir. » Pour satisfaire ce goût, on mit en prose les anciens poèmes qui avaient charmé les générations précéden-

Page 1