Cf. ci-dessus, p. clxii
4. Nous ne connaissons dans les troubadours provençaux aucune allusion à la chanson d'Aymeri. Ce héros est mentionné dans la pièce si fréquemment citée de Guiraul de Cabiéra.mais le pas-
CCXLVI INTRODUCTION
si largement mis à profit ont été tellement défigurés dans son ouvrage, et mêlés à tant de fictions inventées à plaisir, qu'il est impossible de désigner avec précision les sources auxquelles ils se rattachent ^ On remarquera qu'Aymeri n'intervient pas dans la conquête de Narbonne^ il a été connu pourtant de l'auteur de la vie latine, aussi bien que de Raimon Féraut ; tous deux en font mention en divers endroits 2. Le miracle qui permet à Charlemagne de s'emparer de la cité est très fréquent dans la littérature du moyen âge, mais il offre ici un intérêt tout particulier : on le retrouve, en effet, dans l'épisode de la prise de Narbonne intercalé dans un manuscrit de la chanson de Roland conservé à la Bibliothèque de Venise (franc. IV) ^. Le poème de Bertrand de Bar-
sage, d'ailleurs fort obscur, qui le concerne, paraît se rapporter plutôt à la chanson de Guibert d'Andrenas (voy. Milà y Fontanals, De los trovadores en Espana, p. 273-4, note). Le roman de Flamenca fait figurer « En Aimerics, duc de Narbona, » dans un tournoi auquel prennent part plusieurs personnages du xii* siècle; il s'agit vraisemblablement du vicomte Aymeri II, et non du héros légendaire.
1. Ces sources sont, à n'en pas douter, des poèmes français (cf. P. Meyer, /. cit.).
2. L'édition abrégée de la vie latine imprimée à Venise en i5oi cite « Aymericus, princeps Narbonensis » (1. ii, ch. 9); elle parle ailleurs (1. 11, ch. io)d'«Aymo, filius principis Narbonensis,» — « Naymes, filh d'Aymeric, del prince de Narbona » dans Féraut (ms. de la Bibl. nat. fr. 24964, fol. 96 v»). Cf. le ch. xlvii (éd. Sardou, p. 8g), où il est question de la part prise par Aymeri à une expédition contre Arles : « N'Aymerics de Narbona as Arll fazia guerra. »