‹ Aymeri de NarbonneChapitre 176 sur 244 · LES VERSIONS EN PROSE CCXI.IX · texte numérisé non relu

LES VERSIONS EN PROSE CCXI.IX

Enfances Guillaume (fol. 53 r°); le Couronnement Looys (fol. 149 v°); le Charroi de Nimes (fol. i65 v°); la Prise d'Orange (fol. 187 v°); le Siège de Barbastre (fol. 197 r°); les Enfances Vivien (foL 270 v°)*, le Covenant Vivien (fol. 340 v°); ^//.s- CiïW5 (fol. 363 r°); la Bataille Loquifer (fol. 429 r°); le Moniage Renoart (fol. 448 r^); le Moniage Guillaume (fol. 495 r°).

Le ms. fr. 796 ^ est un volume in-fol., composé de 36 1 feuillets en vélin écrits sur deux colonnes. Il offre un grand nombre de lettres initiales ornées; en tête des divers chapitres, on a laissé la place pour des miniatures qui n'ont pas été faites, et dont l'encadrement seul a été exécuté. Nous croyons ce manuscrit d'une date un peu plus récente que le précédent*, le caractère de son écriture et le style des lettres initiales nous le font attribuer au règne de Louis XII, tandis que l'autre remonte au temps de Charles VII ou de Louis XI. Ces deux manuscrits se composent des mêmes éléments 2, et sont divisés en un même nombre de chapitres et de paragraphes. Leurs textes sont d'une absolue identité; on y retrouve exactement les

1. Ane. f". Cangé n» i3. Signale et décrit par M. P. Paris dans ses Manuscrits français de la Bibliothèque du Roi (t. VI. p. 22S), ce manuscrit paraît avoir échappé à M. Gautier, qui ne le cite pas dans sa notice sur les versions en prose des chansons de la geste de Guillaume (Ep. françaises, 2" éd., t. IV. p. 26-9).

2. Dans le ms. 796, Aymcri de Nar bonne occupe les toi. i à 22 v» col. II.— La compilation que nous ollrent cesmss. dérive sûrement d'un manuscrit cyclique de la geste de Guillaume d'Orange, assez voisin Je ceux qui nous sont parvenus.

CCL INTRODUCTION

mêmes fautes ^ et les variantes que Ton y relève sont en général purement orthographiques et n'ont aucune importance. Il nous semble donc que le ms. 796 n'est qu'une copie du ms. 1497; tout au moins, les deux textes ont été transcrits directement sur un original commun.

Le ms. 335 1 de la Bibliothèque de TArsenal est un petit in-fol. de la deuxième moitié du xv® siècle ^, comprenant 379 feuillets en papier ^. Son écriture, comme celle du ms. 1497, est une cursive rapide et peu soignée. Il n'a pour tout ornement que deux lettres enluminées, l'une en tête du premier feuillet, l'autre au commencement de l'histoire d'Aymeri. Les romans qui y sont contenus sont les suivants : Hernaut de Beaiilande, Renier de Gennes, Girart de Vienne, Galien, Aymeri de Narbonne et la Reine Sibille ^. Aymeri n'est ici, pour ainsi dire, qu'une

1. On lit par exemple au fol. 5 v" du ms. 1497 et au fol. 4 v» col. I du ms. 796 : « Et de fait se partirent de la cité pour aler acorder par devers l'amiral Desramé. » Le mot acorder n'a aucun sens ; il faut lire : a Cordves.

2. Son orthographe lui assigne une date peu ancienne ; ainsi on y trouve des formes telles que soub\mettre, nepveu, sçavoir, etc. Nous le jugeons presque contemporain du ms. 1497 'plutôt un peu plus récent).

3. Le premier et le dernier feuillet sont déchirés en partie.

4. Voy. Ép. françaises^ 2^ éd., t. Illj p. 298. •— M. G. Paris pense que les aventures d'Hernaut de Beaulande et de Renier de Gennes n'ont pas dû être le sujet de deux poèmes isolés, mais ont formé simplement des épisodes d'un remaniement de la chanson de Girart de Vienne, fait vers la fin du xiii® siècle. Ce serait ce remaniement qui aurait été mis à profit par l'auteur des romans en prose conservés dans le ms. 335i (Romaniaf t. Xll, p. 3-4).

LES VERSIONS EN PROSE CCLl

incidence au milieu du roman de Galien. Il s'étend d'abord du fol. 223 r° au fol. 23 1 v°; puis, après avoir cédé quelque temps la place au récit principal, il se poursuit de nouveau du fol. 262 v° au fol. 280 r°. L'histoire d'Aymeri occupe les fol. 341 r° à 352 r° dans le deuxième volume (t. III) du beau manuscrit des Conques tes de Charlemaine de David Aubert \ conservé à la Bibliothèque royale de Bruxelles (n° 9068). Elle est précédée de la narration du désastre de Roncevaux, et suivie immédiatement du récit du jugement et du supplice de Ganelon 2. Ce manuscrit, exécuté sur l'ordre de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, porte la date de 1458*, il est richement orné, et offre un grand nombre d'élégantes miniatures en camaïeu, rehaussées d'or. Celle qui se trouve en tête du chapitre consacré aux exploits d'Aymeri représente l'armée de Charlemagne sous les murs de Narbonnc et les préliminaires du siège de cette ville ^.

1. Ce manuscrit forme deux volumes; le second est relié en deux tomes. — David Aubert a cic un simple copiste aux gages des ducs de Bourgogne, plutôt qu'un auteur. Cependant il nous apprend par une mention inscrite au dernier feuillet des Conquestes de Charlemaine que ce livre a été par lui extrait et couchié en cler français. Il semble résulter de ces exi)ressions que cette vastecompilation est bien réellement son œuvre (G. Paris, Hist. poétique de Charlemagne^ p. 96). Voy., au sujet de L>avid Aubert, P. Meyer, Girart de Roussillon, introd., p. clx. — La Bibliothèque de Dresde possède, paraît il, un second ms. des Conquestes de Charlemaine (Us. O. 81), mais nous n'avons pu le comparer avec celui de Bruxelles.

2. L'épisode de la prise de Narbonnc occupe, ainsi que nous verrons, la môme place dans le Roland de la Bibliothèque de Venise (ms. franc. IV).

3. On aperçoit, au premier plan, à gauche, la tente de Charlc-

CCLII INTRODUCTION

Les versions en prose d'Aymeri que nous venons d'énumérer ont entre elles des affinités très étroites. La version des Conquestes de Charlemaine est simplement une reproduction partielle de celle du manuscrit de l'Arsenal, qui dérive elle-même du texte contenu dans les manuscrits de la Bibl. nat. 1497 et 796. Pour mettre ces rapports en évidence, nous allons donner de ces remaniements une analyse qui montrera en même temps les modifications apportées par les compilateurs du xv® siècle au récit original.

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