‹ Aymeri de NarbonneChapitre 20 sur 244 · ETABLISSEMENT DU TEXTE XLV · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT DU TEXTE XLV

Et en .j. mole si faitement gités,

De tex oisias i poisie's trover ;

Et si avoit chascuns oisiax son per.

Li enchanteres fist forment a loer :

Del flum c'oés Paradis apeler

I fist les pieres venir et amasser.

Par nigromence i fist lo vent monter,

Parlou tuel ancontremont monter.

Gant li vens sofîe, les oisiaus fait chanter.

En lor mermoce (sic) s'an rient molt Escler.

N'est .j. sol home qui s'an puist saoler,

S'il est iriés, por coi l'oie soner,

Que ne li face ses ires oblier.

Tant corn l'an vialt, si fait lou son durer,

Et cant l'an viault, si laisse lou chanter.

L'examen comparatif des diverses leçons de ce fragment nous permet déjà d'établir à peu près la valeur respective des manuscrits.

Nous ferons remarquer d'abord l'extrême similitude des mss. 20. B. XIX et Harl. i32i. Celui-ci présente seulement deux vers de plus que Tautre. Le premier de ces vers n'est qu'un vers banal ajouté sans doute par le copiste qui a modifié en même temps le vers précédent pour le mettre en rapport avec celui qu'il intercalait :

De Paradis, ç'oi dire et conter^ O Damedex ot fet Adam former.

Le second des vers supplémentaires du ms. i32r semble être du aussi au copiste qui d'un vers unique de Foriginal :

So[z] ciel n'a home qui s'en puist saouler,

XLVI INTRODUCTION

en a fait deux, en délayant un peu la phrase :

So[zJ ciel n'a chent si dolz a escouter, Ne nus cuer d'orne ne se puet saoler.

En dehors de ces faibles différences, les mss. 20. B. XIX et Harl. i32i sont à peu près identiques et ne présentent entre eux que de légères variantes. Ils ont en commun un certain nombre de leçons dont s'écartent les autres manuscrits, et enfin, possèdent tous deux quatre vers qui font défaut à ceux-ci, les v. 35 1 i-i3 de notre texte :

Soz ciel n'a home, tant seust porpanser, etc.

et le V. 3519 :

En fin esmal les ot fet seeler.

Si les mss. 20. B. XIX et Harl. i32i sont entre eux dans un étroit rapport, un simple coup d'œil jeté sur le texte des mss. 20. D. XI et 24369 suffit pour faire reconnaître aussi entre eux des relations très intimes. Ils ont dans le passage cité le même nombre de vers, les mêmes leçons, souvent la même orthographe, et presque aucune variante. Nous remarquerons surtout un vers corrompu et dénaturé d'une façon très inintelligente, que ces deux manuscrits reproduisent exactement sous la même forme :

Quant le vent souffle, les oisiax fet chanter. En lor mémoire s'en rient moult Escler.

Ce vers serait incompréhensible sans les mss. 20.

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