LA LEGENDE D AYMERI EN ITALIE CCCIX
et le dénoument de son poème. Sur un seul point toutefois, il ajoute un trait qui ne se trouve pas dans le ms. IV, et qui semble se rapprocher de la chanson d'Aymeri de Narbonne. Charlemagne, en effet, propose d'abord de recourir à la force pour s'emparer de la ville, et le duc Naime, comme dans le roman français ^, l'en détourne en lui rappelant le triste état de son armée. Cette coïncidence, d'ailleurs, peut s'expliquer aisément. M. Rajna a démontré d'une façon péremptoire que Tune des sources principales de la Spagna était, non pas le manuscrit IV lui-même, mais un autre manuscrit analogue, plus correct et plus complet -. Ce manuscrit avait probablement conservé le trait que nous venons de citer, et le poète italien n'a fait que le lui emprunter à son tour ^.
Un autre poème, à peu près contemporain de la Spagna^ nous offre au sujet d'Aymeri des récits curieux, mais assez éloignés des traditions françaises. Nous voulons parler d'un roman inédit, que M. Rajna a désigné sous le nom à'Amerigo di Nerbona '\ et qui, malgé ce titre, n'a presque rien de commun avec la chanson de notre trouvère. Ce texte paraît être un