CCCXXX INTRODUCTION
M. Jubinal a fait paraître en 1840 ^, Ce dernier auteur a voulu présenter, dans un cadre plus ou moins historique, un tableau pittoresque des mœurs de la noblesse en l'an 1270; par une recherche assez bien entendue de la couleur locale, il a mis en scène plusieurs trouvères, auxquels il a prêté divers récits tirés de l'ancienne poésie française, entre autres un résumé généralement exact du commencement dCAymeri de Narbonne, d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale fr. 24369 ^. C'est ce résumé que Victor Hugo a eu sous les yeux ; quand on compare VAyinerillot de la Légende des siècles avec la narration de M. Jubinal, il ne saurait y avoir aucun doute sur ce point. Il nous suffira de citer le commencement des deux textes pour rendre notre démonstration tout à fait évidente .
Charlemagne rempereur à la barbe fleurie, revient d'Espagne... Son visage est triste, son œil chagrin... C'est que son neveu Roland, par la trahison de Ganelon, a été tué avec Olivier, les douze pairs et toute l'arrière-garde de son armée... Le laboureur des montagnes est rentré chez lui avec son chien ; il a embrassé sa femme et ses enfans. Il a net-