L. cit., p. 18-19. — Cf. p. II
AUTEUR DU POEME LXXXl
celle de tous les gens de sa profession. Les connaissances géographiques, en général exactes, dont il fait preuve dans Aymeri de J^arbonne, nous permettent de supposer qu'il avait beaucoup voyagé.
Quant à la date de sa naissance, on peut la déterminer d^une manière approximative. La chanson d'Aymeri, ainsi que nous le verrons plus loin, n'a pu être composée avant i2o5*, d'autre part, elle ne paraît pas être postérieure au premier quart du xin* siècle, non plus que les autres chansons dont Bertrand a été Tauteur. C'est donc dans une période comprise entre i2o5et 1226 environ qu'il semble avoir produit ses principales œuvres. Il en résulte qu'il devait être né vers la fin du xii*^ siècle, sous le règne de Philippe Auguste, de 1180 à 1190, autant qu'on peut en juger ^ On ne sait du reste s'il fournit une longue carrière, et l'époque de sa mort n'est révélée par aucun document ^.
Les vers de Doon deNanteuil, que nous venons de citer, nous le représentent comme un poète très fécond, et il est probable qu'il dut composer un assez grand nombre de chansons de geste. Les trouvères du xiii'^ siècle , pour satisfaire leurs auditeurs ,
1. M. Tarbc suppose avec raison qu'il naquit vers 1190 cl dut fleurir en 1220. [G iv art de Vienne, préface, p. vi.)
2. Malgré cette absence presque complète de renseignements sur sa vie, son nom figure dans quelques répertoires biographiques. La Biographie Didot et le Dictionnaire des littératures de Vapercau lui consacrent des notices, d'ailleurs très soniniaiics. M. d'Arbois de Jubainville lui a donné place aussi clans son Histoire des comtes de Cliampaf^ne, t. IV, p. 645.
IXAMI INTRODUCTION
avaient un répertoire très étendu, et l'on sait, par exemple, qu'Adenet le Roi a traité des sujets fort variés, empruntés à divers cycles. Il en fut de même sans doute de Bertrand de Bar-sur-Aube. Mais, en dehors de Girart de Vienne et à'Aymeri de Narbowie, noue ne connaissons plus aujourd'hui que deux poèmes qui puissent lui être attribués avec certitude : le Département des enfants d'Aymeri, contenu dans les manuscrits du Musée Britannique Roy. 20. B. XIX et Harl. i32i, et la rédaction de Benve d'Hantone, conservée dans le ms. n^ 401 de la bibliothèque de Garpentras, dans le ms. du Vatican Reg. 1682 et dans le ms. de Venise, bibl. Saint- Marc franc. n° XIV.
M. P. Paris, dans ses Manuscrits français de la bibliothèque du Roi (t. VII, p. 24), considère aussi Bertrand comme Tauteur d'Aubri le Bourgoing. Nous ignorons sur quel motif il appuyait cette opinion, à laquelle il parait du reste avoir renoncé plus tard, car il la passe entièrement sous silence dans la notice qu'il a publiée sur la chanson d^Aubri, au t. XXII de Y Histoire littéraire (p. 3 1 8-334) ^
Pour la chanson du Département d2S enfants d'Aymeri, il est bien certain qu'elle est due à notre trouvère champenois. Elle présente en effet une relation très étroite avec le poème d'Aymeri de Narbonne;
I. M. Tarbé, dans la préface de son édition âCAubri le Bowfjoing, regarde cette attribution comuie fort douteuse (p. xxvii). — La chanson d'Aubri a élé rédigée vers la fin du xii'- siècle. (P. Meyer, Girart de RoussiUon, Inlrod., p. civ.)