AYMERI ET HERMENGARDE CXXVII
peut-être un écho lointain et affaibli. L'histoire nous apprend aussi que Didier eut une fille que Charlemagne épousa et répudia après un an de mariage \ et Mabillon a prétendu que cette princesse s'appelait Hcrmengarde ^; mais nous ignorons sur quelle base le savant bénédictin appuie cette assertion, et nous pensons qu'il a fait simplement une confusion avec THermengarde de la légende. En effet, suivant Paschase Radbert, dont le témoignage a beaucoup de valeur ^, la fille de Didier se nommait Desiderata, et elle ne semble avoir rien de commun avec l'héroïne de notre poème '^. Le nom d'Hermengarde a été extrêmement répandu au moyen âge, et parmi toutes les femmes plus ou moins illustres qui l'ont porté à répoque carolingienne, nous n'en voyons pas une
1. « Cum matris hortatu filiam Desidcrii, régis Langobardorum, duxissct uxorem, incertum qua de causa, post annum cam repudiavit. y> Eginhard, Vita Karoli Magni, ch. xvui, dans Pertz. Scriptores, t. Il, p. 453. Cf. Paschase Radbert, Vita sancd Adalhardi, ibid., p. 52 5, dans les A A. SS. Ord. S. Benedicti, part. I, saec. IV, p. 3io, et dans le Rec. des hist. de la France, t. VI, p. 27G ; le Moine de Saint-Gall, dans Pertz, ScriptoreSy t. Il, p. 759. Suivant ce dernier. Charlemagne aurait répudié la fille de Didier <c quia dinica esset et ad propagandam prolem inhabilis »