L. cit
^Lii INTRODUCTION
VOUS dans les textes poétiques. On voyait, comme dans Aymcri, non loin du trône impérial, des arbres d'or portant sur leurs rameaux des oiseaux de diverses espèces, qui voltigeaient en imitant le chant des oiseaux naturels \ Sur les marches de l'escalier donnant accès au trône étaient accroupis des lions en or, qui pouvaient, par un mécanisme ingénieux, se dresser sur leurs pattes et rugir comme des animaux vivants. Toutes ces pièces avaient été exécutées au ix^ siècle 2, sur Tordre de l'empereur Théophile, par Léon, célèbre orfèvre de Constantinople 3.
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(Constantin Manassès, Breviariiim hisioricum, dans la collection des Scripiores historiœ by\antinœ, Paris, i655, p. g^)- Voy. aussi les autres textes des chroniqueurs byzantins cités par Du Gange, ConstantinopoUschristiana,\. II, p. 128 9. Cf. Annales archéologiques, t. XVIIl (i858), p. 92.
2. Liudprand qui les avait vues dans le cours du siècle suivant nous dit qu'elles étaient en bronze doré : « ^rea, sed deaurata, qusedam arbor ante imperatoris oculos stabat ; cujus ramos itidena asreEC divers! generis deaurataeque volucres replebant, quge secundum
species suas diversarum avium voces emittebant Sedile quod
crat immensae magnitudinis, incertum utrum aerei an lignei, verum auro lecli leones quasi custodiebant — Cumque in advcniu meo leones rugitum enriitterent, aves secundum species suas perstreperent, nullo sum lerrore, nulla admiratione commotus, quoniam quidem ex his omnibus, eos qui benc noverant, fueram percontatus » (De rébus gestis ab Europœ imperatoribus et regibus, 1. VI, ch. H, dans les oeuvres de Liudprand, éd. d'Anvers, 16^0,
3. Didron, Le palais impérial de Constantinople, dans les ^Imh^les archéologiques, t. XXI (1861), p. 3i3-4. Cf. J. Labarte, Le pa-
INFLUENCE DES RELATIONS AVEC l'oRIENT CLIII
Ces orgues en forme d'arbres, avec leurs oiseaux articulés et leurs sons harmonieux, ont excité assez vivement la curiosité du moyen âge. Outre les textes que nous venons de produire, nous pouvons citer encore une figure très intéressante que D. Gcrbert, abbé de Saint-Biaise dans la Foret Noire, a publiée en 1784, d'après un manuscrit de ce monastère, dans ses Scriptores ecclesiastici de miisica sacra, et que M. Barbier de Montault a reproduite dans les Annales archéolog-iqucs K Cette figure, d'un dessin un peu naïf, qui offre tous les caractères de l'art du xii'^ siècle, représente un arbre creux, en métal, absolument conforme à ceux que Thistoire et la légende nous ont décrits. Six soufflets adaptés à ses racines introduisent de l'air qui monte dans sa tige, — « encontremont par le tuel, » comme dit Fauteur à'Ayvieri, — et fait produire des sons variés aux oiseaux perchés sur ses branches. En tête de cette curieuse miniature, on lit la légende suivante :
« Arbor fusilis de qua in Alexandri gestis legitur quod in imis inspiratur et per ora avium dulccs et diversas cmitlit voccs ^ »
Ce dessin, nous devons le dire, ne nous semble pas avoir une valeur originale. Il est possible qu'il ait été
lais impérial de Consiantinople et ses abords ; V. de l.astcyrie, Histoire de Vorfi'vrerie, p. Scj-Co.